Des armées africaines en déliquescence

Le cas du Mali, dont l’armée a fui devant les jihadistes lors de leur conquête de 2012, l’illustre tragiquement, mais il est loin d’être unique : de nombreuses armées africaines sont en pleine déliquescence.

Des armées africaines en déliquescence
©afp

Le cas du Mali, dont l’armée a fui devant les jihadistes lors de leur conquête de 2012, l’illustre tragiquement, mais il est loin d’être unique : de nombreuses armées africaines sont en pleine déliquescence.

L’actualité a ainsi mis en évidence l’incapacité de l’armée centrafricaine à résister à une coalition hétéroclite de mouvements rebelles, arrivée en deux semaines aux portes de Bangui.

L’armée du Congo-Kinshasa n’est pas plus brillante, qui n’arrive pas à contrôler une simple mutinerie au Kivu, bientôt transformée en rébellion; le fait que celle-ci soit appuyée par le Rwanda, 100 fois plus petit que le Congo, ne peut sérieusement être considéré comme une excuse.

Au Congo-Brazzaville, l’armée n’est même pas arrivée, en 1997, à reprendre les quartiers nord de la capitale aux milices rebelles. Après vingt-cinq ans, l’armée ougandaise n’est toujours pas parvenue à neutraliser l’Armée de Résistance du Seigneur

Les cas sont nombreux, sur le continent, d’armées juste bonnes à tuer des civils mais incapables de défendre le territoire national - leur principale mission pourtant.

On peut y voir plusieurs raisons. La négligence de régimes corrompus refusant de mettre les moyens minimums à disposition de leur armée (certains soldats maliens n’ont même pas de chaussures mais des tongs). La méfiance de potentats, souvent militaires, envers leur corps d’origine qui, puissant, pourrait les menacer dans leur sinécure. L’entraînement des rares armées opérationnelles du continent en vue d’opérations de maintien de la paix, pas pour faire la guerre, relève le patron d’Africom (commandement américain pour l’Afrique). L’absence de culture patriotique...

Dans tous les cas, la déliquescence des armées semble le nouveau danger qui menace le continent.

Commentaire de Marie-France Cros

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