Mali: objectifs "atteints et respectés" selon Ayrault

"Le premier objectif", a rappelé J-M. Ayrault, était que la France intervienne "pour empêcher la pénétration des groupes terroristes à Bamako. Ces troupes terroristes ont été stoppées et (...) reculent", a-t-il souligné.

AFP
Mali: objectifs "atteints et respectés" selon Ayrault

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a affirmé vendredi qu'il n'y avait "pas de risque d'enlisement" de la France au Mali, ajoutant que "les objectifs" fixés par Paris dans ce pays étaient "atteints et respectés". Interrogé en marge d'un déplacement en Argentine sur un éventuel risque d'enlisement alors que les troupes françaises prennent pied au Mali, le Premier ministre a répondu : "non, il n'y a pas de risque d'enlisement, les objectifs que la France s'est fixés sont atteints et respectés."

"La mission internationale inter-africaine se met en place peu à peu, elle a vocation à se substituer aux troupes françaises", a-t-il ajouté. "Le premier objectif", a rappelé M. Ayrault, était que la France intervienne "pour empêcher la pénétration des groupes terroristes à Bamako. Ces troupes terroristes ont été stoppées et (...) reculent, l'objectif est de continuer à les faire reculer et de les combattre", a-t-il souligné.

M. Ayrault a encore rappelé que, parmi les autres objectifs, devait "s'organiser la transition politique au Mali". "En même temps il faut que l'Europe s'engage dans un programme résolu de développement", a-t-il dit. "J'aurai l'occasion de le redire devant les participants de la réunion entre l'Union européenne et l'Amérique latine ce week-end à Santiago du Chili", a ajouté le Premier ministre, à la veille de ce sommet qui réunira des délégations de 60 Etats.

9.000 nouveaux réfugiés depuis l'intervention française

Plus de 9.000 Maliens ont fui dans les pays voisins depuis le début des opérations militaires françaises au Mali le 11 janvier, a indiqué vendredi le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Genève. Il y a aussi environ 230.000 déplacés à l'intérieur du Mali. Du 11 au 23 janvier 5.486 réfugiés sont arrivés en Mauritanie, 2.302 au Burkina Faso et 1.578 au Niger, selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies. Le nombre total de réfugiés dans la région dépasse désormais 150.000.

Le HCR a précisé que les réfugiés font largement état "d'atrocités attribuées aux rebelles liés à Al-Qaida". Les témoignages affirment que "les rebelles n'empêchent pas les gens de partir des zones qu'ils contrôlent mais ils fouillent minutieusement leur sacs et prennent la nourriture, l'argent et ce qui a de la valeur". Ils confisquent aussi les véhicules privés, une des raisons expliquant que les réfugiés parcourent de longues distances à pied ou avec des ânes.

Depuis la reprise hostilités le CICR a profité de l'accès à toutes les parties, militaires maliens et français mais aussi groupes armés du nord, "pour leur rappeler l'impératif de respect des lois humanitaires internationales", a souligné Mme Praz Dessimoz. L'organisation cherche notamment à avoir accès aux personnes récemment arrêtées.

Le CICR travaille aussi à fournir du carburant pour assurer l'approvisionnement en électricité des villes de Kidal, Gao et Tombouctou, dans le nord du Mali. "On constate sur place qu'il y a des informations inquiétantes par rapport à des déplacements de population dans le nord, dans les régions de Gao, Tombouctou. Pas massivement, mais il y a des mouvements parce que les combats se rapprochent", a affirmé la responsable du CICR.

La France demande de l'aide à ses alliés

La France a demandé à ses partenaires occidentaux un renforcement de leur soutien logistique à l'opération militaire française au Mali, notamment en avions ravitailleurs, a-t-on appris vendredi auprès du ministère français de la Défense. "Des discussions sont en cours avec un certain nombre de nos partenaires, essentiellement occidentaux, sur un renforcement du soutien logistique. Les ravitailleurs en font partie", indique-t-on vendredi dans l'entourage du ministre Jean-Yves Le Drian.

Il s'agit pour l'instant "de discussions", souligne-t-on, en précisant que la demande a été adressée "aux pays dont on sait qu'ils ont la capacité". A Berlin, un porte-parole du ministère allemand de la Défense a confirmé à l'AFP la demande d'aide française, en précisant toutefois que l'Allemagne ne dispose "pas de système qui soit certifié pour le ravitaillement en vol français".

Une dizaine de pays, principalement occidentaux, fournissent un soutien militaire, notamment en moyens de transport, à l'opération française au Mali. La Grande-Bretagne, le Danemark, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Espagne, la Belgique, mais aussi les Etats-Unis et le Canada, ont notamment répondu aux demandes françaises avec des avions C17, C130 ou C160 pour transporter des troupes et du matériel.

Les forces françaises, qui déploient un important dispositif terrestre pour aider l'armée malienne à chasser les islamistes armés du nord du pays, manquent en particulier d'avions de ravitaillement en vol. Les appareils partis de France doivent en effet être ravitaillés plusieurs fois avant d'atteindre le Mali ou les pays voisins.

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