Berlusconi: "Moi, déconsidéré!!?"

Encore une très belle sortie de l'ex-président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, qui tire à boulets rouges sur l'Allemagne et s'étonne des dires de certains quant à son impopularité.

Berlusconi: "Moi, déconsidéré!!?"

L'ex-président du Conseil italien Silvio Berlusconi a qualifié vendredi de "mensonge" l'affirmation selon laquelle il serait déconsidéré en Europe mais s'en est pris une nouvelle fois à l'Allemagne et à la politique d'austérité qu'elle a, selon lui, "imposée" aux Européens. "Dire que je jouirais d'une faible considération et que d'autres (ndlr, Mario Monti) bénéficierait d'une haute considération est un mensonge", a déclaré lors d'une courte conférence de presse à Rome, le Cavaliere, qui, à 76 ans, mène tambour battant sa sixième campagne électorale en 18 ans.

"Par nature je suis ouvert aux rapports humains et j'ai la capacité de faire naître l'amitié entre dirigeants qui se respectent, j'ai des liens d'amitié avec tous mes collègues européens et avec les présidents américains y compris le président Obama", a assuré M. Berlusconi, souvent comparé par les médias de manière défavorable à son successeur à Rome l'ex-commissaire européen Mario Monti.

En réponse "à ceux qui disent que je n'étais pas bien considéré en Europe", M. Berlusconi s'est vanté que, de par sa longévité au pouvoir (il a été Premier ministre italien pendant huit ans et demi ces dix dernières années), "à la table (des dirigeants européens, ndlr), la personne la plus informée en matière d'économie, d'entreprises, de marché et de gouvernement c'était Silvio Berlusconi".

M. Berlusconi a estimé aussi que les problèmes actuels de l'Europe sont dus "à un manque de personnalités du calibre du (défunt président français François) Mitterrand et de (l'ex-chancelier Helmut) Kohl". Une nouvelle fois, M. Berlusconi s'en est pris à la politique d'austérité menée en Europe, estimant qu'elle avait été "imposée par les pays du Nord et l'Allemagne" et a "abouti à une catastrophe".

Les pays européens "sont en crise, à l'exception de l'Allemagne parce que l'austérité en période de crise projette les pays dans une spirale de récession très dangereuse", a ajouté le Cavaliere. Combattre l'austérité sera "au centre des prochaines batailles en Europe" parce que sinon "la réalité imposera à chaque pays, l'un après l'autre de sortir de l'euro et revenir à sa propre monnaie nationale", a ajouté M. Berlusconi en assurant "souhaiter que cela ne se produise pas".

Selon lui, il est indispensable de "remporter le bras de fer avec l'Allemagne" pour doter la Banque centrale européenne de véritables pouvoirs en proposant qu'elle puisse émettre de la monnaie et en se disant favorable aux eurobonds et aux project bonds, ces émissions de dette communes pour financer des infrastructures en Europe.

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