Avant Benoit XVI, ces papes démissionnaires contraints et volontaires

Cela faisait près de 600 ans qu'un pape n'avait plus abandonné sa charge. Retour sur les six précédents. Des histoires entre exils, trahisons et réélections.

Avant Benoit XVI, ces papes démissionnaires contraints et volontaires
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L'Histoire de l'Église offre six précédents à la démission de Benoit XVI. De Saint Clément à Grégoire XII, focus sur des démissions diverses et parfois étonnantes.

Saint Clément. Quatrième évêque de Rome, il fut condamné à l’exil par l’empereur Trajan. Pour que les fidèles ne restent pas sans guide spirituel, il aurait alors démissionné en 97, avant de mourir en martyre, balancé à la mer une ancre attachée au cou en 99 ou 100.

Saint Pontien. Elu en 230, il dut démissionner de ses fonctions en 235, car l’empereur Maximin le condamna à être déporté en Sicile, puis en Sardaigne pour y mourir épuisé par les travaux forcés.

Saint Silvère. Convaincu de trahison au profit des Goths qui assiégeait Rome, saint Sylvère fut obligé d’abdiquer par le général byzantin Bélisaire en 537. L’ex-pape ira jusqu’à Constantinople pour plaider sa cause. L’Empereur Justinien lui donna raison, mais son successeur sur le Trône de Pierre préféra lui trouver une place dans des oubliettes.

Benoît IX. Pape à 20 ans en 1032, il est poussé vers la sortie en 1044 par les Romains qui élisent un nouveau pape que Benoît IX excommunie. De retour trois mois plus tard à Rome, il retrouve son trône, mais démissionne en faveur de son oncle Grégoire IV. Ce dernier est convaincu de simonie et déposé. Un autre pape est élu et meurt un an plus tard laissant à nouveau à Benoît IX l’occasion de se faire réélire une troisième fois, mais l’empereur germanique ne veut pas de lui et le remplace. Benoît IX tenta à nouveau sa chance en 1054, en vain.

Saint Célestin V. En 1294, peste et palabres ont laissé le Trône de Pierre vide depuis deux ans. Charles II d’Anjou, roi de Naples, tente de faire bouger les choses et demande notamment à un abbé d’écrire au Concile qu’il est urgent de trouver un pape. Un cardinal propose la candidature de l’abbé qui n’en attendait pas autant à 79 ans. Absolument pas préparé à cette charge et victime des luttes de pouvoir, il renonce quatre mois après son élection en invoquant son humilité et des raisons de santé.

Grégoire XII. Elu pape à Rome en 1406 alors qu’il y a aussi un pape à Avignon et que par la suite le Concile de Pise élit un troisième pape, Grégoire XII abdique en 1415 pour mettre fin au Grand Schisme d’Occident.