A vingt jours des élections, Monti et Berlusconi multiplient les joutes

Dans le style "western spaghetti", ce film pourrait s’intituler : "L’Ensorceleur de serpents" ou encore, "Le Professeur et l’Homme tranquille" ! A chacune de leurs apparitions devant les caméras de télévision, les Italiens assistent à un véritable duel à distance entre les trois principaux candidats aux législatives de la fin du mois.

Valérie Dupont

Dans le style "western spaghetti", ce film pourrait s’intituler : "L’Ensorceleur de serpents" ou encore, "Le Professeur et l’Homme tranquille" ! A chacune de leurs apparitions devant les caméras de télévision, les Italiens assistent à un véritable duel à distance entre les trois principaux candidats aux législatives de la fin du mois.

Dimanche, lors d’un meeting électoral à Milan, Silvio Berlusconi a tiré quelques cartouches pour tenter de récupérer les électeurs de droite qui lui ont tourné le dos : "Dès le premier conseil des ministres, nous abolirons la taxe sur le cadastre Car pour la payer, les Italiens ont dû renoncer à leur treizième mois ! Et lors de ce même conseil des ministres, nous voterons immédiatement un décret pour restituer la taxe versée sur l’habitation principale en 2012 !"

En vingt ans de vie politique, Silvio Berlusconi a promis beaucoup de choses aux Italiens, mais jamais encore il ne s’était engagé à rembourser des taxes déjà versées. L’idée a pourtant fait mouche au sein de l’électorat de centre-droit, qui ne cache cependant pas une certaine perplexité sur sa faisabilité.

"Pure démagogie !", a commenté tranquillement Pierluigi Bersani, chef de la coalition de gauche, fort de son avance dans les sondages.

"C’est une sympathique tentative de corruption. J’achète ton vote avec de l’argent, mais cet argent est celui des citoyens, c’est l’argent des déficits budgétaires dont il est responsable !" , a ironisé, de son côté, Mario Monti, au lendemain de la promesse choc du Cavaliere, qualifié d’" ensorceleur de serpents" par le Professeur. "C’est la quatrième fois que Silvio Berlusconi promet des merveilles, mais cette fois je crois que les Italiens n’ont pas perdu la mémoire", a-t-il ajouté.

Ces échanges de coups à distance alimentent la campagne électorale depuis bientôt un mois. Des joutes qui pourraient avoir des conséquences sur la fiabilité internationale de l’Italie, estime l’ancien commissaire européen : "Si la communauté internationale éva l ue le programme de Silvio Berlusconi tel qu’il se présente, cela pourrait avoir des conséquences sur ceux qui analysent les bulletins financiers, qui influencent à leur tour les opérateurs économiques !"

L’appât des taxes ! L’appât électoral par excellence que Silvio Berlusconi a toujours utilisé pendant ses campagnes électorales. "Je suis absolument favorable à une amnistie fiscale totale mais la gauche y a toujours été opposée !", a-t-il lancé lundi, provoquant une nouvelle levée de boucliers.

Et lorsque les journalistes demandent à Mario Monti d’où lui vient son agressivité politique, qui ne ressemble en rien aux tons utilisés jusqu’ici par le sérieux professeur en loden, il répond : "C’est à cause de Silvio Berlusconi. Quand j’entends ce sympathique, très sympathique monsieur, dire qu’il a laissé les comptes de l’Italie en ordre et que, moi, j’ai provoqué un désastre ! Je ressens cela comme un véritable affront envers les Italiens qui ont fait tant de sacrifices. Cela m’attriste mais, surtout, cela m’énerve !"

Les cow-boys italiens ont encore vingt jours pour tirer toutes leurs cartouches, mais le ton de la campagne est définitivement donné.

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