Le choix des Italiens

Il est déjà difficile de sonder son propre esprit, alors psychanalyser celui d’un peuple Les raisons qui ont conduit les Italiens à porter Silvio Berlusconi au pouvoir - non pas une fois mais quatre ! - restent à certains égards mystérieuses. Aujourd’hui, l’Italie ne peut toutefois se permettre de retenter l’aventure - pour sa propre santé comme pour celle de l’Europe. Un danger les menace particulièrement : un bon résultat du magnat des médias qui entraînerait une ingouvernabilité de la troisième économie de la zone euro.

Il est déjà difficile de sonder son propre esprit, alors psychanalyser celui d’un peuple Les raisons qui ont conduit les Italiens à porter Silvio Berlusconi au pouvoir - non pas une fois mais quatre ! - restent à certains égards mystérieuses. Aujourd’hui, l’Italie ne peut toutefois se permettre de retenter l’aventure - pour sa propre santé comme pour celle de l’Europe. Un danger les menace particulièrement : un bon résultat du magnat des médias qui entraînerait une ingouvernabilité de la troisième économie de la zone euro.

Le spectre du Cavaliere, qui n’a cessé de remonter dans les sondages ces dernières semaines, fait trembler l’Europe. Qu’on aime ou non la politique de redressement des finances publiques que Mario Monti a menée durant un an, le fait est que le Professore a su redorer le blason de son pays et inspirer la confiance des marchés.

Les Italiens n’ont donc pas intérêt à choisir un marchand d’illusions qui lance des promesses inconsidérées, un bouffon qui façonne les lois en fonction de ses intérêts propres, un condamné pour fraude fiscale (en attendant d’autres verdicts) qui prétend avoir été débarqué en 2011 à la suite d’un complot européen. Les Italiens n’ont pas plus besoin, pour voir leur sort s’améliorer, de céder aux sirènes populistes d’un Beppe Grillo qui rêve de revenir à cette bonne vieille lire, à l’issue d’une campagne qui a fait de l’Europe un bouc émissaire.

Aussi se prend-on à rêver, à Bruxelles, d’une majorité claire, formée par Pier Luigi Bersani et Mario Monti. Car, à maints égards, ce scrutin se révèle particulièrement crucial pour la crédibilité d’un pays sur le fil, comme pour l’avenir de l’Union.

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