WikiLeaks : le soldat Manning a organisé les fuites pour provoquer un débat, dit-il

D’une voix assurée, le soldat Bradley Manning, 25 ans, ex-analyste de renseignement en Irak, a exposé jeudi, pour la première fois, ses motivations dans l’une des plus importantes fuites de documents confidentiels de l’histoire américaine. Il avait transmis au site de l’Australien Julian Assange, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan et 260 000 dépêches du département d’Etat.

États-Unis

D’une voix assurée, le soldat Bradley Manning, 25 ans, ex-analyste de renseignement en Irak, a exposé jeudi, pour la première fois, ses motivations dans l’une des plus importantes fuites de documents confidentiels de l’histoire américaine. Il avait transmis au site de l’Australien Julian Assange, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan et 260 000 dépêches du département d’Etat.

" Je croyais que la publication pourrait provoquer un débat public sur nos forces armées et notre politique étrangère en général ", a-t-il expliqué lors d’une audience préliminaire à son procès, où il a annoncé son intention de plaider coupable pour 10 des 22 chefs d’accusation pour lesquels il est poursuivi, mais se considère innocent des accusations les plus graves, dont celle de "collusion avec l’ennemi " passible de la réclusion à perpétuité.

Passionné de géopolitique et de technologies de l’information, engagé à 20 ans, il dit s’être peu à peu trouvé en porte-à-faux avec une armée qui "ne semblait pas accorder de valeur à la vie humaine". "Plus je tentais de bien faire mon travail, plus je m’aliénais mes pairs" , a-t-il expliqué. La bavure commise par un hélicoptère de combat contre des civils en Irak en 2007, dont il avait transmis la vidéo, lui fait horreur. " Nous devenions obsédés par la capture ou l’élimination de cibles humaines."

Deux des bases auxquelles il avait accès étaient les Sigacts, recensant les incidents quotidiens en Irak et Afghanistan. Elles n’ont, selon lui, plus de valeur confidentielle quelques jours après chaque incident car " l’unité n’était plus sur les lieux ou plus en danger ". Mais elles ont une valeur "historique" car elles "représentent la vraie réalité des conflits ". Si les fuites pouvaient "embarrasser " son pays, elles ne pouvaient lui "nuire ", juge-t-il. (AFP)

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