Edito: sale temps pour les jihadistes du Maghreb ?

La semaine qui s’est achevée a-t-elle vraiment été fatale à deux des jihadistes les plus réputés au Maghreb ? Jusqu’à présent, personne n’a confirmé les annonces faites coup sur coup par le Tchad...

Edito: sale temps pour les jihadistes du Maghreb ?
©AFP

La semaine qui s’est achevée a-t-elle vraiment été fatale à deux des jihadistes les plus réputés au Maghreb ? Jusqu’à présent, personne n’a confirmé les annonces faites coup sur coup par le Tchad, vendredi et dimanche, de la mort d’Abdelhamid Abou Zeid, l’un des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et de Mokhtar Belmokhtar, ex-membre d’Aqmi qui avait fait dissidence en octobre dernier pour créer sa propre structure jihadiste et qui a récemment revendiqué l’attaque du site gazier algérien d’In Amenas.

Si leur mort devait effectivement être confirmée, ce serait non seulement un revers important mais le signe d’un déclin certain pour Aqmi et les groupes jihadistes opérant dans cette région désertique, très difficile d’accès et sujette à tous les trafics. Quant à savoir si cela condamnerait inéluctablement le jihadisme au Maghreb, il est sans doute trop tôt pour le dire. On connaît la faculté de ces groupes terroristes de recruter et de se régénérer.

Mais il ne faut pas sous-estimer l’impact psychologique que peut avoir sur leurs troupes la disparition de deux hommes d’expérience comme Belmokhtar et Abou Zeid. La mort de ces deux "émirs" serait assurément un coup dur au moral, de même qu’au leadership de ces groupes jihadistes. Avec des conséquences marquantes sur leur reprise en main, leur action, leur stratégie.

Leur mort reste pourtant à confirmer. On sait d’expérience que les jihadistes ne cachent jamais leurs morts. Ils communiquent dès qu’un des leurs est tombé, trop enclins à en faire un martyr, afin de susciter des vocations. De ce point de vue, plus le temps passe, plus les doutes vont grandissant.