Qui succédera à Benoit XVI ? Découvrez les "papabiles"

Au printemps 2012, M.B. Dougherty (Business Insider) a analysé différents candidats à la papauté. Voici ici un aperçu de leurs différents mérites.

Qui succédera à Benoit XVI ? Découvrez les "papabiles"
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La rédaction en ligne

Le collège des cardinaux choisira en conclave le prochain pape. Il faudra attendre la fumée blanche et le habemus papam pour connaître leur verdict. Déjà cependant, les paris vont bon train et certains ont déjà étudié la question en détail...

Observant la santé déclinante de Benoît XVI, le site Business Insider avait étudié les profils de différents papabiles, c'est-à-dire de fidèles susceptibles d'être élus papes. Son analyse du printemps 2012 prend aujourd'hui tout son intérêt. Nous vous en proposons ici un aperçu. Gardons à l'esprit que la moitié des électeurs est européenne, et un quart d'origine italienne ! 19 sont originaires d'Amérique du Sud, 14 d'Amérique du Nord. 11 viennent d'Afrique, autant d'Asie et un seulement d'Océanie.

Le Cardinal Marc Ouellet (voir photo ci-dessous) est parmi les favoris des favoris. Il a été archevêque de Québec et est maintenant à la tête de la Congrégation des Évêques. C'est cette même congrégation qui supervise la sélection de la plupart des évêques à travers le monde. L´expérience que Ouellet a acquise en aidant à choisir des évêques dans tous les pays l'aiderait sans aucun doute à guider et structurer l'Église de demain. De plus, il parle couramment six langues et connaît très bien l'Amérique du Sud, où il a été missionnaire. Un tableau très prometteur donc, si ce n'est que Ouellet pourrait user de son droit à refuser son élection: il a indiqué à plusieurs reprises qu'être pape lui semblait une responsabilité écrasante.

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Le Cardinal Scola (voir photo ci-dessous) est l'archevêque de Milan. Son élection impliquerait que l'Église se centre sur la (re)christianisation de l'Europe. Pas moins d'un quart du collège des cardinaux est italien, et Scola s'entend bien avec eux. De plus, son bagage théologique est centré sur les problèmes que l'Église connaît en Europe aujourd'hui. Par contre, les cardinaux croient-ils toujours que l'Église est une institution européenne? Pas si sûr...

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Ouellet comme Scola sont deux intellectuels pointus, qui manquent du charisme d'un pasteur. Or, on dit que l'Église a besoin d'un pasteur comme Jean-Paul II l'a été après le pontificat austère et de retour aux sources de la foi de Benoit XVI. On a de plus reproché à ce dernier pontificat d'être très « eurocentriste ». Un collège composé pour moitié de cardinaux européens pourra-t-il se défaire de cette perspective eurocentriste?

Le deuxième italien en "course" était l'ancien Cardinal secrétaire d'État de la Curie romaine durant le pontificat de Benoît XVI: Tarcisio Berlone (voir photo ci-dessous). En 2009, plusieurs cardinaux avaient demandé sa démission, dénonçant la confusion dans la gestion de certains dossiers tels que les abus sexuels, la "crise du préservatif", la possible béatification de Pie XII et le scandale des Vatileaks. Benoît XVI n'y a jamais consenti.

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Le Cardinal Francis Arinze (voir photo ci-dessous) est aussi donné dans les favoris par les sondages. Il vient du Nigeria, où il a été archevêque. Il a rejoint le Vatican en 2002. Élire un premier pape africain serait un geste fort en faveur de l'Afrique, où l'Église connaît une expansion. Par contre, Francis Arinze a déjà 80 ans.

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Toujours au Nigeria, le Cardinal John Onaiyekan (voir photo ci-dessous) prêche pour la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans. Lui aussi a la cote.

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Le Cardinal Turkson (voir photo ci-dessous) vient du Ghana. Il y préside le Concile pontifical pour la Justice et la Paix. Son élection serait un signal fort en faveur du Sud, où l'Église grandit. Il pourrait être élu parce qu'il est très populaire parmi le Collège des Cardinaux, qu'il est un excellent communicateur et qu'il symbolise la présence globale de l'Église.

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On note que la réalité de l'Église africaine diffère largement de celle où baignent les cardinaux européens. Si en Europe, on discute théologie et abus sexuels, en Afrique, on débat de l'exorcisme et de l'animisme. De manière générale, les cardinaux africains sont aussi les plus conservateurs du point de vue de la doctrine.

Le Cardinal Jorge Mario Bergoglio (voir photo ci-dessous) est l'archevêque de Buenos Aires. Avec lui, la justice sociale deviendrait un des soucis premiers de l'Église. La rumeur dit qu'il était en seconde place au Conclave de 2005. Maintenant, son moment de gloire peut être passé.

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Le Cardinal Leonardo Sandri (voir photo ci-dessous) est argentin. Il a rejoint le Vatican au début des années 2000 et a été nommé en 2007 préfet de la Congrégation pour les Églises orientales. Leonardo Sandri est également membre du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens et du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.

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Il serait logique que l'Amérique Latine, continent où se trouve le plus grand nombre de catholiques, soit récompensé. Le Brésil, premier pays du monde par le nombre des fidèles, pourrait présenter un candidat, comme le cardinal Claudio Hummes et le cardinal João Braz de Aviz (voir photo ci-dessous), homme d'ouverture, sympathisant d'une version modérée de la théologie de la libération, aujourd'hui à la tête de la puissante Congrégation pour les religieux.

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Mais les pays hispanophones chercheront à présenter un successeur rival. Le cardinal hondurien a la faveur de nombreux progressistes, mais il a sans doute une image trop à gauche, alors que l'épiscopat latino-américain s'est renouvelé depuis vingt ans dans un sens conservateur, avec un poids marqué de l'Opus Dei.

En Asie, on parle beaucoup du nouveau cardinal de Manille Luis Antonio Tagle (voir photo ci-dessous). Agé de 55 ans, il est bouillant, dynamique et charismatique. Il est une étoile montante dans le firmament de l'Eglise. Très populaire en Asie, le Philippin est à la fois moderne et très orthodoxe sur les grands sujets doctrinaux.

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On pense aussi au Cardinal Albert Malcolm Ranjith (voir photo ci-dessous). Il vient du Sri Lanka, où il est archevêque de Colombo. Son arrivée au Vatican impliquerait un retour rapide à une liturgie plus traditionnelle. Si le collège des cardinaux choisit un pape venu du Tiers-Monde, il le choisirait en Afrique ou en Amérique du Sud, où l'Église catholique est profondément enracinée, plutôt qu'au Sri Lanka ou aux Philippines.

Crédit photo: colombogazette

L'archévêque de Vienne, Christoph Schönborn, celui de New-York, Timothy Dolan, celui de Mexico, Norberto Carrera, ou encore de Sidney, George Pell, comptent également parmi les papabiles, de même qu'une série de cardinaux italiens. Quant au candidat belge, le Cardinal Danneels, nul ne mise sur lui pour l'instant. On verra qui le collège des cardinaux formé par Jean-Paul II et Benoit XVI choisira pour relever les défis de l'Église catholique.


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