Edito: une visite symbolique

La visite au Proche-Orient que Barack Obama entame ce mercredi en Israël n’a rien d’historique. Elle a une portée symbolique. Pourtant, le timing est parfait. Le Président américain et le Premier ministre israélien sont tous deux à l’entame d’un nouveau mandat.

Edito: une visite symbolique
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La visite au Proche-Orient que Barack Obama entame ce mercredi en Israël n’a rien d’historique. Elle a une portée symbolique. Pourtant, le timing est parfait. Le Président américain et le Premier ministre israélien sont tous deux à l’entame d’un nouveau mandat. Un moment où tous les espoirs sont permis. Le gouvernement que M. Netanyahou vient de composer, à l’arraché, a obtenu mardi la confiance de la Knesset. Il aura donc l’esprit tranquille pour accueillir M. Obama. Mais l ’objectif du Président américain sera avant tout d’apaiser les tensions avec l’administration israélienne et de redorer son blason aux yeux de l’opinion publique. Ses déclarations où il multiplie les clins d’œil à "Bibi" ressemblent à un tour de chauffe plutôt convenu. Les deux hommes s’entendent sur le dossier nucléaire iranien en tout cas pour dire que c’est la priorité. Lundi, Barack Obama a exhorté le gouvernement iranien à prendre des "mesures immédiates et significatives" afin de régler cette question nucléaire, qui menace au premier chef l’Etat d’Israël.

Et sur le reste ? Pas grand-chose. Aucune proposition concrète concernant le contentieux israélo-palestinien. Pire, des ministres du gouvernement israélien à peine installé affirment que la colonisation sera renforcée. Voilà qui n’est pas pour aller dans le sens d’un apaisement. A moins que l’Iran ne soit la pierre sur laquelle MM. Obama et Netanyahou bâtiraient, plus tard, une paix hypothétique mais très hypothéquée. A moins aussi, qu’à l’image de la conclusion de l’offensive israélienne à Gaza, ce soit l’une ou l’autre puissance régionale qui prenne l’initiative dans le dossier. Après tout, le paysage géopolitique moyen-oriental est en cours de remodelage. Des places sont à prendre dans un monde qui sera plus que jamais multipolaire. Cette visite américaine sera donc plus anecdotique qu’autre chose.