Débordements manif “pour tous”: Boutin demande la démission de Valls

Selon le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, les débordements de la manifestion "pour tous" ont été engendrés par des "groupes extrémistes". Il défend le "sang froid" de la police. Christine Boutin, elle, reproche l'utilisation de gaz lacrymogène.

Rédaction en ligne (avec AFP)
Débordements manif “pour tous”: Boutin demande la démission de Valls
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Ils étaient des centaines de milliers (300 000 selon la police et 1,4 million selon les organisateurs) à se rassembler hier après-midi à Paris contre le projet de loi sur le « mariage pour tous ». Si cette action devait se dérouler dans le calme, des heurts ont tout de même éclaté entre les forces de l'ordre et les manifestants. Certaines personnes ont en effet tenté de franchir des barrages qui interdisaient l'accès à l'avenue des Champs-Elysées. Les accusations n'ont pas traîné au niveau politique.

D'un côté, le ministre français de l'Intérieur, manuel Valls, a reproché aux organisateurs ce débordement de “groupes extrémistes” et de militants “d'extrême droite”. Selon lui, ces manifestants appelaient à marcher sur l'Elysée. Il a défendu « le sang froid » de la police. Le ministre a ajouté qu'une trentaine de policiers et de gendarmes mobiles ont été "légèrement blessés" et que six personnes ont été placées en garde à vue à la suite de 98 interpellations. "Il y avait une volonté de certains d'en découdre", a assuré Manuel Valls "car des groupes ont essayé de forcer les barrages" tenus par les CRS et les gendarmes mobiles pour interdire aux manifestants l'accès des Champs-Elysées. Il a par ailleurs affirmé qu'il n'y avait pas eu de tirs de grenades lacrymogènes sur les manifestants. Les forces de l'ordre ont utilisé des diffuseurs de gaz lacrymogène à main. Le ministre de l'Intérieur a donc refusé de présenter les excuses réclamées par des représentants de la droite.

De l'autre côté, le président de l'UMP, Jean-François Copé, demande des comptes au président François Hollande. L'opposition a accusé le préfet de police, Bernard Boucault, d'avoir "mis en danger la sécurité de manifestants pacifiques en usant de moyens disproportionnés". "Est-ce sur votre injonction que les forces de l'ordre ont usé de violences et ont fait usage de gaz lacrymogène sur des familles et des enfants?", lui a notamment demandé le président du groupe UMP, Jean-François Legaret.

En défendant ses troupes, le préfet explique que "compte tenu de la provocation à laquelle ils ont eu à faire face, la réaction des forces de l'ordre a été proportionnée et mesurée". Quant aux organisateurs, ils « ont joué avec le feu en continuant jusqu'à l'avant-veille de la manifestation à distribuer des tracts "Tous sur les Champs Élysées le 24 mars », a-t-il ajouté.

Mais aussi, prise de malaise après avoir été aspergée de gaz lacrymogène, c'est au tour de Christine Boutin de réagir. La présidente du Parti chrétien démocrate demande en effet la démission du préfet de police et de manuel Valls. «Un jeune de 14 ans a été mis KO par des gaz lacrymogènes», a-t-elle assuré, en ajoutant avoir elle-même été «ciblée» par les forces de l’ordre.