Plus de 15.000 altermondialistes marchent à Tunis pour les Palestiniens

"Terre, liberté, dignité", "libérez Gaza", "Non à l'occupation", ont scandé les manifestants dans une marche dédiée à la "Journée de la terre" qui commémore chaque 30 mars la mort, en 1976, de six Arabes-israéliens lors de manifestations contre la confiscation de leurs terrains par Israël.

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Plus de 15.000 altermondialistes marchent à Tunis pour les Palestiniens
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Plus de quinze mille personnes, selon la police, ont participé samedi à une marche festive clôturant à Tunis le 12e Forum social mondial (FSM), rassemblement annuel d'altermondialistes, placé sous le signe de la Palestine et du printemps arabe.

"Terre, liberté, dignité", "libérez Gaza", "Non à l'occupation", ont scandé les manifestants dans une marche dédiée à la "Journée de la terre" qui commémore chaque 30 mars la mort, en 1976, de six Arabes-israéliens lors de manifestations contre la confiscation de leurs terrains par Israël.

Drapeaux de tout pays et keffieh, la foule s'est rassemblée place du 14 janvier, sur l'avenue Habib Bourguiba, épicentre de la révolution tunisienne de 2011, pour défiler sur quatre kilomètres jusqu'à "l'Ambassade de Palestine". Canadiens, français, américains marchaient à côté de responsables du Hezbollah libanais, d'opposants tchadiens, de Syriens manifestant "pour la révolution syrienne et la résistance en Palestine".

"Nous avons tenu à participer au Forum social mondial qui s'est concentré sur une question fondamentale, en l'occurrence la cause palestinienne", a dit Ali Fayadh, député et chef de la délégation du Hezbollah chiite.

Portraits de dirigeants palestiniens assassinés, étendards noirs des salafistes tunisiens ou rouges de l'extrême gauche, les manifestants ont crié leur hostilité à la normalisation des relations entre Israël et les États arabes, revendication émanant également d'une "assemblée générale commune de Palestine" au FSM.

Les femmes ont aussi manifesté pour l'égalité et contre le retour de régimes autoritaires avec l'arrivée au pouvoir des islamistes après la chute des dictatures dans la foulée du Printemps arabe.

La journée de la terre célébrée aussi en Israël et en Palestine

Arabes israéliens et Palestiniens ont marqué samedi, à travers des rassemblements, le 37e anniversaire de la "Journée de la terre".

La principale manifestation a eu lieu à Sakhnine, ville arabe du nord d'Israël, où est situé le mémorial dédié aux six manifestants arabes tués en 1976, en présence de milliers de personnes portant des drapeaux palestiniens, a constaté l'AFP.

Un millier de manifestants ont également défilé au carrefour de Shoket, dans la région du Néguev (sud d'Israël), en faveur d'un Etat palestinien et en solidarité avec les prisonniers palestiniens détenus en Israël.

Ils ont également dénoncé un récent plan du gouvernement Netanyahu visant à sédentariser des dizaines de milliers de bédouins du désert du Néguev, accusant Israël de s'approprier des terres bédouines.

Les Arabes israéliens, ou Palestiniens d'Israël, une minorité de 1,4 million de personnes sur une population totale de 7,9 millions d'habitants, descendent des 160.000 Palestiniens restés sur leurs terres après la création de l'Etat d'Israël en 1948.

En Cisjordanie, des affrontements ont éclaté au checkpoint de Kalandia, à l'entrée de Jérusalem, entre des jeunes Palestiniens et l'armée israélienne, ainsi qu'à Bethléem, Qalqilya (nord) et près d'Hébron, sans faire de blessé grave, selon l'AFP.

Planter des oliviers

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a symboliquement planté des oliviers sur le site d'un projet de colonie israélienne, dit "E1", près de Jérusalem, qui relierait l'implantation israélienne de Maalé Adoumim à des quartiers de colonisation juive à Jérusalem-Est et couperait en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d'un Etat palestinien.

"La présence de notre peuple à chaque coin de notre terre restera aussi profondément enracinée que les oliviers", a affirmé M. Fayyad.

La police israélienne a dispersé ce rassemblement et a confisqué les oliviers, a indiqué une porte-parole de la police, Louba Samri. A Jérusalem-Est annexée et occupée, sur le mont des Oliviers, quelque 200 Palestiniens ont également planté des arbres sur des terres appartenant à une famille palestinienne. Trois participants ont été arrêtés pour avoir pénétré sur des terrains appartenant à l'Etat, a précisé Mme Samri.

Vendredi, l'armée et la police israéliennes avaient déployé d'importants renforts à Jérusalem et en Cisjordanie en prévision d'éventuelles "manifestations violentes", selon Mme Samri.

Comme chaque année, des incidents ont également eu lieu dans la bande de Gaza. A Rafah, dans l'extrême sud de l'enclave palestinienne, près de la frontière avec Israël, quelque 500 Palestiniens ont manifesté, certains jetant des pierres sur les soldats israéliens qui ont riposté par des tirs à balle réelle, selon des témoins. "Des dizaines de Palestiniens (ont déclenché) une émeute près de la barrière de sécurité dans le sud de la bande de Gaza, jetant des pierres sur les soldats" israéliens, a indiqué à l'AFP une porte-parole de l'armée. "Selon les premiers rapports, un manifestant a été légèrement blessé", a-t-elle ajouté. Ailleurs, des Palestiniens se sont rassemblés à Beit Lahiya (nord) et à Khan Younès (sud), où ils ont aussi planté des oliviers. Un représentant du Hamas au pouvoir à Gaza, Sami Abou Zouhri, leur a promis que le mouvement islamiste "allait poursuivre la résistance pour libérer toute la Palestine".