Chypre: le chef de l'Eglise demande la démission du ministre des Finances

Il lui reproche de n'avoir rien fait pour empêcher la restructuration du système bancaire, voulue par Bruxelles dans le cadre du plan de sauvetage, qui implique d'énormes pertes pour les gros déposants, dont l'Eglise orthodoxe.

Chypre: le chef de l'Eglise demande la démission du ministre des Finances
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Belga

Le chef de la puissante Eglise orthodoxe de Chypre, Chrysostomos II, a appelé dimanche à la démission du ministre des Finances Michalis Sarris et du gouverneur de la Banque centrale Panicos Demetriades, responsables selon lui, de la déroute des banques.

Il reproche aux deux responsables de n'avoir rien fait pour empêcher la restructuration du système bancaire -voulue par Bruxelles dans le cadre du plan de sauvetage-, qui implique d'énormes pertes pour les gros déposants, dont l'Eglise orthodoxe.

A la question de savoir s'il était satisfait de la façon dont MM. Demetriades et Sarris avaient géré la crise, il a répondu: "Si j'étais satisfait, je ne les aurais pas appelés l'autre jour à démissionner car ils ont la même position que la troïka" (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international).

Chrysostomos II a par ailleurs estimé que les Chypriotes avaient eux aussi leur part de responsabilité dans la crise. "Nous avons tous vécu une vie folle, nous avons voulu de grandes choses parce que nous pensions que si nous avions de l'argent, un travail et des titres, nous serions heureux (...) Si nous avions dépensé dans la limite de nos moyens, on n'en serait pas là", a-t-il ajouté.

En contrepartie d'un prêt de 10 milliards d'euros pour éviter la faillite de l'île, Chypre doit trouver 5,8 milliards. A cette fin, les comptes dépassant 100.000 euros sont gelés à la Bank of Cyprus et à la Laïki, les deux plus grandes banques du pays.

Selon la presse locale, l'Eglise orthodoxe, le plus important propriétaire foncier de l'île, a saisi la justice pour tenter d'empêcher toute saisie sur ses avoirs à la Bank of Cyprus.

Chrysostomos II, qui prône une sortie de la zone euro, avait estimé la semaine dernière que les pertes de l'Eglise pourraient s'élever à plus de 100 millions d'euros.

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