Beppe Grillo: "Ce sont les autres qui sont en train de se diviser, pas nous"

L'ex-humoriste Beppe Grillo a ressoudé les rangs vendredi lors d'une rencontre en pleine campagne romaine avec les élus de son Mouvement 5 Etoiles après des tensions liées à la tentation de certains élus et militants de s'allier au centre gauche.

Beppe Grillo: "Ce sont les autres qui sont en train de se diviser, pas nous"
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L'ex-humoriste Beppe Grillo a ressoudé les rangs vendredi lors d'une rencontre en pleine campagne romaine avec les élus de son Mouvement 5 Etoiles après des tensions liées à la tentation de certains élus et militants de s'allier au centre gauche.

"Ce sont les autres qui sont en train de se diviser, pas nous", a lancé Grillo pendant le déjeuner qu'il a partagé avec ses troupes, selon des indiscrétions rapportées par les médias.

Alternant à son habitude sarcasme et ton séducteur, il a en même temps assuré être ouvert à la discussion : "je ne m'attends pas à un consensus au sein du mouvement, c'est légitime que chacun pense différemment".

L'ancien comique de cabaret a même plaisanté sur cette réunion semi-secrète organisée dans une auberge en pleine campagne entre Fregene et Bracciano au nord de Rome. "J'ai séquestré les élus", a-t-il dit aux journalistes à la fin de la rencontre, en ajoutant : "j'ai la liste des prix pour les 'grillini'".

Dans une allusion aux spéculations des médias sur d'éventuelles défections de membres du M5S qui pourraient aider le chef du centre gauche à former une majorité.

Les législatives de la fin février ont débouché sur une impasse : le centre gauche est majoritaire à la Chambre des députés alors qu'au Sénat, il est pratiquement à égalité avec la droite de Silvio Berlusconi et le M5S, qui a canalisé une bonne partie de la colère des Italiens contre les mesures d'austérité du gouvernement Monti.

Cette situation inextricable a rendu impossible jusqu'à présent la constitution d'un gouvernement, aucune formation ne parvenant à constituer une majorité parlementaire solide.

M. Grillo a réitéré vendredi son hostilité à une alliance de gouvernement avec une autre formation politique quelle qu'elle soit, même la gauche de Pier Luigi Bersani. Et, selon lui, en cas d'accord "de grande coalition, de traficotage" droite-gauche pour diriger l'Italie, les Italiens "descendraient dans la rue avec des bâtons" pour taper sur la classe politique.

Une bonne partie des 163 parlementaires du M5S participaient à la réunion qui a duré environ cinq heures et vers laquelle ils avaient été acheminés dans des conditions rocambolesques. Rassemblés sur une place de Rome, ils avaient été convoyés en autocars sans connaître leur destination, poursuivis par une trentaine de voitures de journalistes.

Avant cette incroyable course-poursuite, le chef de file des sénateurs M5S Vito Crimi a assuré que la réunion était prévue de longue date et n'avait rien à voir avec les déclarations d'un député sicilien du M5S Tommaso Curro, prônant l'extension au niveau national du "modèle Sicile", région dirigée par une alliance M5S et Parti démocrate (PD-gauche).

Pendant la rencontre, "Grillo a écouté" les élus qui étaient tentés par une alliance avec la gauche, a raconté le député Stefano Vignaroli. "Grillo leur a dit que la liberté de pensée existe mais qu'il faut essayer d'être compact, de trouver une ligne commune", selon M. Vignaroli.

"Il n'y aura aucune expulsion ni exclusion" mais "qui votera avec le PD fera un choix personnel trahissant ses engagements envers les électeurs et se mettra lui-même hors du M5s", a mis en garde Roberta Lombardi, chef de file des députés au terme de la réunion.

Signe des tensions qui secouent le mouvement, Gianroberto Casaleggio, bras droit et "gourou" de M. Grillo, a décidé vendredi l'exclusion d'un candidat M5S aux prochaines élections régionales dans le Frioul pour appartenance à la franc-maçonnerie.

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