La Cisjordanie approche le point d’ébullition

La police israélienne a été placée en état d’alerte à Jérusalem-Est, vendredi, après plusieurs jours de violentes manifestations en Cisjordanie.

Proche-Orient

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a police israélienne a été placée en état d’alerte à Jérusalem-Est, vendredi, après plusieurs jours de violentes manifestations en Cisjordanie.

"Il y a une sécurité renforcée dans et autour la Vieille Ville, des officiers de police supplémentaires [ ] ont été appelés sur place pour prévenir tout incident" , a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police Micky Rosenfeld. Il a confirmé que l’accès à l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est occupée et annexée, était réservé aux hommes de plus de 50 ans et aux détenteurs d’une carte d’identité délivrée par Israël.

Aucun incident n’a été à déplorer pendant la prière, mais en Cisjordanie, de nouveaux accrochages entre police israélienne et manifestants palestiniens se sont produits vendredi. A Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, ainsi qu’au camp de réfugiés d’al-Aroub, entre Hébron et Bethléem, et dans le village palestinien de Kafr Qadoum, près de Naplouse.

Ce n’est pas la troisième intifada, tant redoutée par les autorités israéliennes, mais la tension qui prévaut depuis plusieurs jours en Cisjordanie et le retour de la violence ne sont pas sans rappeler les précédentes confrontations.

Mardi, ce sont des milliers d’habitants d’Hébron, sous une nuée de drapeaux palestiniens et de fanions jaunes pour le Fatah et vert pour le Hamas, qui ont accompagné le cortège funèbre de Maïsara Abou Hamdiyeh, un sexagénaire dont le décès controversé mardi dans une geôle israélienne, a rallumé la colère palestinienne. L’arrivée du défunt, le deuxième Palestinien à mourir en prison depuis le début de l’année, dans une mosquée de la ville a même été saluée par des tirs d’hommes masqués, qui lui ont rendu les honneurs militaires. Au même moment, quelque 6 000 personnes, selon l’AFP, ont porté en terre près de Tulkarem Amir Nasser, 17 ans, et son cousin Naji Balbisi, 18 ans, mortellement blessés par balles mercredi soir par des soldats israéliens à un barrage militaire dans le nord de la Cisjordanie.

Selon un porte-parole de l’armée, les militaires israéliens ont ouvert le feu sur un groupe de Palestiniens qui lançaient des cocktails Molotov en direction d’un check point. Selon un bilan palestinien, ce sont huit Palestiniens qui ont été tués lors d’affrontements avec l’armée depuis le début de l’année. Après ces enterrements, les affrontements ont repris près de l’endroit où les deux jeunes Palestiniens avaient été tués mais aussi à Hébron et Naplouse.

Abbas accuse Netanyahou

Cette flambée de violence survient deux semaines après la première visite de Barack Obama dans la région où les Etats-Unis voudraient relancer des négociations de paix gelées depuis 2010 et auquel la plupart des observateurs ne croient plus. Dans une semaine, John Kerry est attendu à son tour à Jérusalem et à Ramallah pour son troisième déplacement en un mois au Proche-Orient. "Le gouvernement israélien est derrière cette escalade. Il est responsable de son impact négatif sur les efforts internationaux et américains pour redémarrer les négociations" , a commenté le président Mahmoud Abbas.

L’armée israélienne a affirmé ne pas croire au retour de l’intifada. "Il n’y a pas de puissances qui pousseraient à une troisième intifada ou à un soulèvement général" , a expliqué un responsable du ministère de la Défense à la radio israélienne.

A l’envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient Tony Blair a déclaré vendredi dans un communiqué être "profondément inquiet par les pertes en vie humaine" et de "la détérioration de la situation sécuritaire sur le terrain", en qualifiant la situation en Cisjordanie de "très volatile". La colère de la rue palestinienne survient quelques jours avant que le secrétaire d’Etat américain John Kerry n’effectue son troisième déplacement en un mois au Proche-Orient, avec des étapes à Jérusalem et à Ramallah.Jean-Pierre Perrin (avec AFP) ©“Libération”

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