Hollande veut "éradiquer les paradis fiscaux" en Europe et dans le monde

Le président François Hollande a affirmé mercredi qu'il fallait "éradiquer" les paradis fiscaux "en Europe et dans le monde", tirant les conclusions de l'affaire Cahuzac.

AFP
Hollande veut "éradiquer les paradis fiscaux" en Europe et dans le monde
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Le président français François Hollande a affirmé mercredi qu'il voulait "éradiquer" les paradis fiscaux "en Europe et dans le monde" en annonçant des mesures pour renforcer la transparence des banques françaises et la lutte contre la grande délinquance économique et financière. "Les banques françaises devront rendre publiques chaque année la liste de toutes leurs filiales partout dans le monde pays par pays" et devront "publier la nature de leurs activités", a déclaré François Hollande à la presse alors que la France est sous le choc de l'inculpation de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui détenait un compte à l'étranger.

Dans une conférence de presse à l'issue du Conseil des ministres, le président français a annoncé "la création d'un parquet financier, avec une compétence nationale, qui pourra agir sur les affaires de corruption et de grandes fraudes fiscales".

Par ailleurs, les règles qui régissent le patrimoine des responsables publics seront "entièrement revues". Une Haute autorité,"totalement indépendante, contrôlera le patrimoine et les éventuels conflits d'intérêts des ministres, parlementaires et grands élus, a ajouté François Hollande dont les 34 ministres doivent publier leur patrimoine d'ici lundi. "Les paradis fiscaux doivent être éradiqués en Europe et dans le monde parce que c'est la condition pour préserver l'emploi", a martelé le président français. "Je n'hésiterai pas à considérer comme paradis fiscal tout pays qui refuserait de coopérer pleinement avec6 la France", a-t-il insisté.

Revenant sur les aveux de fraude fiscale de son ex-ministre Jérôme Cahuzac, qui a détenu un compte en Suisse puis à Singapour, le président français a dit avoir "été blessé, heurté, meurtri même par ce qui s'est produit". Cela "va contre toutes mes conceptions personnelles, mes exigences politiques, mes engagements. Je ne peux pas laisser cette affaire sans une réponse à la hauteur", a-t-il insisté.

Le président a par ailleurs estimé que Jérôme Cahuzac, qui a menti devant le Parlement, ne pouvait en conscience redevenir député. "Il y a, je pense, une question de conscience si encore elle est possible d'être évoquée", a déclaré le chef de l'Etat, interrogé à l'Elysée sur l'éventuel retour au Palais Bourbon de son ex-ministre. "Comment venir au parlement, là où un mensonge a été prononcé ?"

M. Hollande a revanche jugé "injustes" les "attaques" de l'opposition à l'encontre du ministre de l'Economie Pierre Moscovici pour sa gestion de l'affaire Cahuzac. "Ce sont des attaques injustes", a-t-il affirmé en réponse à une question de la presse, assurant que "des décisions immédiates" avaient été prises pour éviter tout conflit d'intérêt entre Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, qui était alors son ministre délégué au Budget.

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