Jean-Marie Le Pen a-t-il eu un compte en Suisse?

La semaine dernière, Le Monde avait révélé que l'ancien avocat qui avait ouvert le compte en Suisse de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, en 1992, était un proche de Marine Le Pen.

Jean-Marie Le Pen a-t-il eu un compte en Suisse?
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AFP

Jean-Marie Le Pen a accusé mercredi le site Mediapart, à l'origine de l'affaire Cahuzac, de se livrer à "une opération fumigène" après un article évoquant l'ouverture par le fondateur du Front national d'un compte en Suisse en 1981, à UBS, ce qu'il a confirmé.

Documents à l'appui, le site d'information revient dans une enquête mercredi sur l'ouverture de ce compte en Suisse, déjà évoquée par le passé. Mediapart révèle aussi qu'un proche de Jean-Marie Le Pen, Jean-Pierre Mouchard, trésorier de son micro-parti Cotelec jusqu'en 1997, avait utilisé les services d'une société offshore de Gibraltar pour ses investissements.

Contacté par l'AFP, le président d'honneur du FN a dénoncé une "opération fumigène" pour le dénigrer de la part des "KGBistes de Mediapart".

Il n'a pas démenti l'existence du compte ouvert à l'UBS, en Suisse, en 1981, mais selon lui, il s'agissait alors d'un "emprunt" pour sa société de disques, la Serp.

Pourquoi passer par une banque suisse pour cet emprunt? "Parce que les conditions étaient plus favorables que dans une autre banque", a répondu le fondateur du parti d'extrême droite.

Dans un communiqué, le FN estime que ces "+pseudos+ révélations" de Mediapart" ne sont que "la resucée" de précédents articles et en veut pour preuve un droit de réponse qui avait été envoyé à L'Express en 1999.

Dans les années 80, Jean-Marie Le Pen avait dû faire face à d'autres accusations de détention d'une partie de sa fortune en Suisse, de la part de son ex-épouse Pierrette Le Pen.

"Ces déclarations ont été contredites solennellement depuis", a affirmé Jean-Marie Le Pen.

La semaine dernière, Le Monde avait révélé que l'ancien avocat qui avait ouvert le compte en Suisse de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, en 1992, était un proche de Marine Le Pen, Philippe Péninque.

La présidente du FN avait rétorqué qu'"ouvrir un compte dans une banque étrangère, ce n'est pas un délit" et que "le délit c'est de ne pas déclarer les fonds". "Que cet avocat soit par ailleurs l'un de mes amis c'est parfaitement banal", avait-elle ajouté.

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