Démission annoncéedu Premier Salam Fayyad

La démission du Premier ministre de l’Autorité palestinienne Salam Fayyad sera-t-elle acceptée ? Ou sera-t-il limogé, comme l’en avait menacé le président Mahmoud Abbas ? Les deux hommes devaient se parler jeudi pour mettre fin à ce bras de fer qui a pris cours il y a plus d’un mois.

V.B.

PALESTINE

La démission du Premier ministre de l’Autorité palestinienne Salam Fayyad sera-t-elle acceptée ? Ou sera-t-il limogé, comme l’en avait menacé le président Mahmoud Abbas ? Les deux hommes devaient se parler jeudi pour mettre fin à ce bras de fer qui a pris cours il y a plus d’un mois.

M. Fayyad, dont la lettre de démission serait prête depuis environ de trois semaines, devait remettre celle-ci ce jeudi dans les mains du président Abbas. Non qu’il n’ait pas tenté de rendre son tablier avant le voyage que ce dernier devait entreprendre au Qatar, mais M. Abbas lui avait répondu d’attendre son retour, ce jeudi. Le Premier ministre avait déjà différé la remise de sa démission en raison de la visite du Président américain Barack Obama au Proche-Orient, fin du mois dernier.

A l’origine de cette démission annoncée, des tensions croissantes entre les deux hommes qu’avait encore accentué un différend relatif à la démission, le 2 mars dernier, du ministre des Finances, Nabil Qassis. M. Fayyad avait accepté celle-ci, en négligeant de consulter M. Abbas. Le président de l’Autorité l’avait pour sa part refusée, menaçant M. Fayyad de limoger son équipe s’il ne réintégrait pas M. Qassis dans ses fonctions. La démission du ministre des Finances, sans raison apparente, s’inscrit surtout dans un contexte de difficultés financières de l’Autorité palestinienne, confrontée à une crise de ressources sans précédent depuis sa création en 1994.

"Le président Abbas insiste pour que M. Qassis reste ministre des Finances et aujourd’hui M. Fayyad doit décider : soit maintenir M. Qassis à son poste, soit démissionner en tant que chef du gouvernement", a expliqué Azzam al Ahmad, un dirigeant du Fatah, mouvement de M. Abbas, à la radio officielle Voix de la Palestine.

Salam Fayyad peut pourtant s’enorgueillir d’un bilan plus qu’honorable à la tête du gouvernement qui administre la Cisjordanie, depuis sa nomination en 2009. A 60 ans, cet économiste de réputation internationale - il a travaillé au Fonds monétaire international de 1987 à 2001 avant d’être directeur régional de la Banque arabe, puis ministre des Finances jusqu’à l’année dernière - a contribué à consolider les institutions et l’économie palestiniennes.

Barack Obama lui avait d’ailleurs explicitement témoigné sa confiance lors de sa récente visite en Cisjordanie, en jugeant le tandem Abbas-Fayyad incontournable pour la relance le processus de paix au Proche-Orient.

Mais dernièrement, la situation financière s’est considérablement dégradée. Notamment à la faveur de la suspension des transferts de fonds décidée par Israël - partiellement levée depuis - en rétorsion aux démarches unilatérales des Palestiniens à l’Onu en vue de la reconnaissance d’un Etat de Palestine

Le Conseil révolutionnaire du Fatah, le parti d’Abbas, avait récemment fustigé "la politique du gouvernement palestinien empreinte d’improvisation et de confusion sur de nombreux sujets financiers et économiques".

Reste à voir si la "colère" que Mahmoud Abbas avait, dans la foulée, exprimée contre le gouvernement favorisera la thèse du limogeage sur la démission.