Les anti-"mariage gay" vers la "confrontation violente"

Un "coup d’Etat". Une "incitation à la guerre civile". Une "tentative d’intimidation". Une "humiliation du Parlement". Les parlementaires UMP ont laissé éclater leur rage, vendredi. Quand le projet de loi sur le "mariage pour tous" a été voté par le Sénat, puis que le gouvernement a annoncé qu’il reviendrait plus vite que prévu à l’Assemblée, en deuxième et dernière lecture. Ce sera dès la semaine prochaine et non en mai, comme il était prévu.

Bernard Delattre

FRANCE Correspondant permanent à Paris

Un "coup d’Etat". Une "incitation à la guerre civile". Une "tentative d’intimidation". Une "humiliation du Parlement". Les parlementaires UMP ont laissé éclater leur rage, vendredi. Quand le projet de loi sur le "mariage pour tous" a été voté par le Sénat, puis que le gouvernement a annoncé qu’il reviendrait plus vite que prévu à l’Assemblée, en deuxième et dernière lecture. Ce sera dès la semaine prochaine et non en mai, comme il était prévu.

Barjot : "Hollande veut du sang : il en aura !"

Une telle accélération du calendrier parlementaire n’est pas fréquente, mais pas rare non plus. Les socialistes la justifient par la nécessité de notamment "protéger l’ordre public": contre "la dérive factieuse" de l’aile la plus radicale des anti-"mariage gay". Qui, ces derniers temps, a durci ses actions. Pour la majorité, sans doute s’agit-il aussi de couper l’herbe sous le pied de ces opposants, en faisant définitivement adopter la réforme avant même la prochaine "Manif pour tous" : fin mai.

Cette stratégie parlementaire a rendu fous de rage les anti-"mariage gay". Le chef de file des députés UMP en personne a averti François Hollande d’un "risque de confrontation violente". Des propos que le PS a jugés "irresponsables" et "indignes" : venant d’un élu "qui a le devoir de défendre le Parlement des pressions et des intimidations", et provenant d’un parti qui "refuse de condamner la dérive extrémiste du mouvement des opposants (au "mariage pour tous), qui multiplie les opérations commandos et les confrontations avec les forces de l’ordre".

Quant à la principale porte-parole de "La Manif pour tous", Virginie Merle-Tellenne, dite "Frigide Barjot", elle a été plus directe encore que l’UMP : "C’est une honte ! Nous vivons dans une dictature; le Président a décidé de nous guillotiner. Il nous force à sortir du périmètre de la loi, ça va être violent ! Hollande veut du sang, il en aura !"

Flambée des violences et insultes homophobes

A vrai dire, le sang a déjà coulé, dans ce dossier, le week-end dernier. Quand, en plein Paris, deux couples de gays ont été très violemment tabassés par des agresseurs leur reprochant leur orientation sexuelle. Les photos de leurs visages tuméfiés ont tant circulé sur le Net et ont tant choqué les réseaux sociaux que, trois jours plus tard, plus de 5 000 personnes (selon la police) ont rempli la place de l’Hôtel de ville de la capitale, pour un "rassemblement d’urgence" contre les violences homophobes.

Les associations qui viennent en aide aux victimes de violences de cette nature ont comptabilisé que, de 2011 à 2012, le nombre de témoignages d’agressions, de violences et d’insultes qu’elles ont reçus a été multiplié par trois.

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