Attaque au marathon de Boston: "La rue est devenue une zone de guerre"

Deux explosions ont eu lieu non loin de la ligne d'arrivée du marathon de Boston, aux États-Unis. Selon un bilan provisoire, on dénombre 3 morts (dont un garçon de 8 ans) et plus de 140 blessés. Il n'y aurait pas de victimes belges.

Rédaction en ligne (avec Belga)
Attaque au marathon de Boston: "La rue est devenue une zone de guerre"
©photonews

Au moins trois personnes ont été tuées, dont un garçon de 8 ans, et plus de 140 autres blessées, ce lundi dans deux explosions presque simultanées survenues près de la ligne d'arrivée du marathon de Boston (nord-est des Etats-Unis), qui ont tous les signes d'attentats. CNN précise même que 17 personnes se trouvent dans un état critique et que 10 ont dû être amputées.

La chaine américaine ajoute également que personne n'a encore été arrêté mais qu'il y aurait un suspect.

— The Boston Globe (@BostonGlobe) 16 avril 2013

"Il s'agit d'une enquête criminelle avec d'éventuelles implications terroristes", a annoncé Richard DesLauriers, un responsable du FBI. Le Bureau fédéral précise qu'il est à la recherche "d'un homme portant des vêtements sombres, qui pourrait être un étranger à la peau sombre."

De son côté, le gouverneur Deval Patrick a précisé que "La ville de Boston restera ouverte demain mais les affaires ne marcheront pas comme d'habitude".

Les explosions ont coûté la vie à trois personnes. Selon la chaîne de télévision américaine CNN, il y aurait également 141 blessés. Dix personnes ont dû subir une amputation.

Il n'y aurait pas de victimes belges

Le SPF Affaires étrangères n'a pas reçu d'indications ni de la part des Affaires étrangères américaines ni du consul honoraire de Belgique à Boston selon lesquelles il y aurait des Belges parmi les victimes, a indiqué mardi son porte-parole.

Une certitude à 100 pc ne peut pas encore être garantie et les Affaires étrangères suivent l'évolution de la situation de près. "Nous n'avons pas encore reçu d'appel de familles inquiètes", précise encore le porte-parole.

"Nous n'avons donc aucune indication selon lesquelles des Belges se trouveraient parmi les victimes." Aucun numéro d'urgence n'a pour le moment été installé.

Le site internet officiel du marathon de Boston indique que 23 Belges participaient à la course.

Un témoin belge explique que "La rue est devenue une zone de guerre"

"Il est actuellement 03h15 du matin mais nous ne sommes pas encore parvenus à trouver le sommeil", a indiqué Serge Withofs, un opticien de 46 ans, originaire de Puurs (province d'Anvers), qui participait au marathon de Boston. "Les images de la rue qui s'est transformée en zone de guerre restent dans notre tête", a-t-il expliqué à l'agence Belga.

"Si j'étais arrivé une heure plus tard, j'aurais pu faire partie des victimes. Ma femme, ma fille et son amie qui m'attendaient à l'arrivée pour me supporter auraient également pu être touchées. C'est une chance que j'ai bien couru aujourd'hui, les explosions se sont produites peu après que nous avons regagné notre appartement à environ 300 mètres de la ligne d'arrivée", a ajouté Serge Withofs.

Ce dernier et les membres de sa famille sont retournés peu après sur les lieux du drame. "La rue était devenue une zone en guerre: des gens couchés au sol appelaient des secours, les forces de l'ordre et les ambulanciers étaient en panique. C'est une situation que nous ne connaissons pas en Belgique. On voit ça seulement dans les films catastrophes."

Les gens sont d'autant plus choqués car cela s'est produit lors d'un événement sportif, a-t-il également expliqué.

12 secondes plus tard, une seconde déflagration...

Plus de 26.000 personnes participaient au marathon de Boston, la course la plus ancienne des Etats-Unis, et les télévisions ont montré des images de panique, du sang sur les trottoirs de rues jonchées de débris, des véhicules de secours et des brancards.

Très exactement 4 heures, 9 minutes et 44 secondes après son départ, le marathon de Boston a basculé dans l'horreur selon un décompte précis obtenu grâce à une vidéo. Les premières images de la première explosion permette de distinguer qu'elle a eu lieu quelques mètre avant la ligne d'arrivée, sur un trottoir de Boylston Street, en plein coeur de la ville, derrière les barrières contenant le public à l'écart des coureurs. Son souffle projette à terre l'un d'eux, son vacarme pousse les bénévoles à se couvrir les oreilles.

Une deuxième vidéo, mise en ligne sur le site du Boston Globe, montre la scène quelques instants plus tard: les personnes présentes crient dans une épais nuage de fumée, et, 12 secondes après la première explosion, une seconde déflagration se fait entendre, un bloc plus loin.

Barack Obama assure que les coupables seront "trouvés"

Le président s'est adressé à la population. "Nous ne savons pas qui a fait cela ni pourquoi mais nous trouverons qui a fait cela et nous trouverons pourquoi ", a-t-il annoncé lors d'une très brève (pas plus de 3 minutes) allocution télévisée. S'il s'est gardé de s'avancer sur l'identité des coupables, il a garanti que "les responsables sentiront le poids de la justice" et qu'ils seront "trouvés". Pour ce faire, M. Obama - qui n'a pas qualifié ces attaques de "terroristes" - a assuré mettre à pied d’œuvre "toutes les ressources nécessaires" à l'aboutissement de l'enquête. Il a également ordonné que toutes les mesures nécessaires soient prises pour enquêter et faire face aux conséquences de ces explosions.

"Nous avons vu des gens dont les jambes ont été soufflées"

La première explosion, sur le bas côté de la route empruntée par les coureurs, a soulevé une énorme nuage de poussière. Les gens se ont mis à hurler, certains cherchant désespérement à fuir en grimpant sur les barrières.

"Nous avons vu des gens dont les jambes ont été soufflées", a raconté à l'AFP Mark Hagopian, propriétaire de l'hôtel Mark, situé près de la ligne d'arrivée du marathon.

"L'un d'eux n'avait plus de jambes en dessous du genou, mais il était vivant", a-t-il ajouté, confirmant avoir entendu deux explosions. L'une d'elle était "énorme. On en a senti le souffle sur notre figure".

"La plupart des victimes ont été blessées aux jambes", a confirmé le Boston medical Center dans un communiqué.

Un autre témoin, Brian Walker, a raconté sur CNN qu'une des explosions était tellement forte qu'il avait cru que sa tête "allait éclater". Il y avait beaucoup de poussière, de la fumée, du verre", a-t-il dit, faisant également état de personnes "grièvement blessées".

Un autre témoin, Zara Bielkus, 30 ans a raconté à l'AFP avoir vu "des membres humains, des morceaux de corps".

Certains blessés ont été traités sur place, la tente médicale à l'arrivée du marathon transformée en salle de triage. D'autres ont été rapidement transportés dans les hôpitaux de la ville.

Mesures de sécurité renforcées

Une troisième explosion a eu lieu à la Bibliothèque JFK de Boston, a par ailleurs indiqué la police avant de préciser un peu plus tard que l'incident semblait en réalité "être lié à un feu".

Le gouverneur du Massachusetts a appelé la population à rester chez elle et lui a demandé de faire part aux autorités de toute information qui pourrait être utile à l'enquête.

La police de New York a annoncé qu'elle renforçait ses mesures de sécurité, moins d'une heure après les deux explosions.

"Nous renforcons la sécurité devant les hôtels et autres lieux connus dans la ville (...) en attendant d'en savoir plus sur ces explosions" a déclaré le porte-parole de la police Paul Browne.

A l'autre bout du pays, la police de San Francisco (Californie, ouest) a également déclaré être en état d'"alerte élevée" et a exhorté les habitants de la ville à la prévenir s'ils assistaient à quelque chose de suspect, "après les explosions survenues lors du marathon de Boston".

À Washington, la Pennsylvania Avenue, qui relie la Maison Blanche au Capitole des Etats-Unis, est interdite aux piétons. Le contrôle est également renforcé dans les aéroports du pays. Des restrictions de vols au-dessus de Boston ont été décidées par l'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) et des avions ont été gardés au sol.

Théorie du complot

L'explosion s'est produite alors que des milliers de coureurs achevaient la 117e édition du marathon, organisé dans la capitale du Massachusetts depuis 1897, et qui est le plus vieux marathon annuel du monde. Ce 15 avril est par ailleurs un jour férié aux USA. Les Américains célèbrent en effet le "Patriots' day". De nombreux Américains étaient donc présents tout le long du marathon.

Le marathon était dédié aux 26 victimes de la fusillade de Newtown en décembre dernier. 26 minutes de silence avaient été observées avant le lancement de la course. Des internautes s'emballent sur Twitter sur la théorie du complot.

Les Talibans pakistanais nient toute implication

Les talibans pakistanais, liés à l'attentat raté à la voiture piégée de Times Square en mai 2010, ont nié mardi toute implication dans les deux explosions meurtrières.

"Nous sommes en faveur des attaques contre les Etats-Unis et ses alliés, mais nous ne sommes pas impliqués dans cette attaque", a déclaré à l'AFP Ehsanullah Ehsan, porte-parole du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), le mouvement des talibans pakistanais.

Ce groupe proche d'Al-Qaïda implanté dans les zones tribales du nord-ouest pakistanais, près de la frontière afghane, multiplie depuis six ans les attentats contre les forces de l'ordre locales, la minorité musulmane chiite, des intérêts étrangers et des partis laïcs.

Dans une vidéo imputée au TTP, le groupe jihadiste avait revendiqué en mai 2010 la tentative d'attentat de Times Square, à New York. Mais un porte-parole du TTP avait ensuite nié toute implication.

Faisal Shahzad, un Américain d'origine pakistanaise, auteur de cet attentat raté condamné à la réclusion à perpétuité, avait affirmé avoir passé 40 jours, entre décembre 2009 et janvier 2010, avec les talibans pakistanais, dont cinq jours consacrés à la fabrication de bombes.