Édito: Transparents ? Compétents !

François Hollande espère éteindre l’incendie de l’affaire Cahuzac en imposant à ses ministres la publication de leur patrimoine. La Belgique doit-elle s’inspirer de cette transparence? Non.

Édito: Transparents ? Compétents !
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François Hollande espère éteindre l’incendie de l’affaire Cahuzac - l’ex-ministre du Budget qui avait caché l’existence d’un compte en Suisse - en imposant à ses ministres la publication de leur patrimoine. La Belgique doit-elle s’inspirer de cette transparence ? Non.

- Tout d’abord, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, la Belgique est en avance sur l’Hexagone. Depuis quelques années, les responsables politiques doivent déjà publier la liste de leurs mandats, rémunérés ou non (sans préciser, il est vrai, le montant des émoluments). En outre, les ministres doivent déposer à la Cour des comptes une déclaration de patrimoine, qui pourra être ouverte en cas d’enquête.

- Ensuite, la transparence totale à la française ne peut qu’alimenter le populisme ambiant en vertu duquel l’homme politique est forcément là pour s’enrichir et ce voyeurisme qui pousse les citoyens à vouloir tout savoir sur ceux qui les dirigent. Certes, ils ont des obligations, celle d’être au-dessus de tout soupçon. Ils ont un devoir d’exemplarité dans la conduite des affaires de l’Etat. Mais ce qu’il faut exiger d’eux, ce n’est pas qu’ils soient transparents mais bien compétents, qu’ils gèrent les deniers de l’Etat de manière éclairée et désintéressée.

- Que faire alors ? Rien ? Non. Il faut contrôler les élus et éviter qu’ils se servent plutôt qu’ils ne servent l’Etat. Et renforcer les pouvoirs et les moyens de ceux qui sont chargés de traquer toutes les fraudes. Mais l’essentiel est d’avoir aux commandes des gens bien formés. Peu importe qu’ils soient riches ou non. Or le hit-parade jettera surtout l’opprobre sur ceux qui ont un patrimoine confortable, même si celui-ci est le fruit d’un héritage ou la conséquence d’un boom immobilier. Comme le chantait Balavoine, il ne suffit pas d’être pauvre pour être honnête.

Un édito de Francis Van de Woestyne.