Une Belge à Boston: "La peur est grande"

Valérie Brouwers vit à Boston. Sa famille est une habituée du marathon. Une grand messe populaire qui dépasse allègrement le cadre d'une compétition sportive et qu'elle vit en famille – avec ses deux enfants – depuis quelques éditions déjà. Elle témoigne à LaLibre.be.

Dorian de Meeûs et Nicolas Capart
Une Belge à Boston: "La peur est grande"

Valérie Brouwers vit à Boston. Sa famille est une habituée du marathon. Une grand messe populaire qui dépasse allègrement le cadre d'une compétition sportive et qu'elle vit en famille – avec ses deux enfants – depuis quelques éditions déjà. La Belge était sur place au moment des attentats meurtriers qui depuis défrayent la chronique et ont déjà coûté la vie à trois personnes présentes lors des explosions. Elle témoigne pour Lalibre.be.

"Nous habitons à proximité de la ligne de départ du marathon, et on a l'habitude d'y participer chaque année. Par chance, cette fois, nous n'y étions pas. Au-delà de la compétition, c'est une date symbolique et très importante pour la ville. Les participants courent pour des œuvres caritatives, beaucoup d'argent est récolté. C'est le jour du Patriot Day, tout le monde est en congé. D'autant qu'il faisait beau ce lundi, il y avait foule, énormément d'enfants...."

Quand les explosions surviennent, c'est le chaos à Boston. "Les lignes de téléphones ont immédiatement été coupées, pour éviter le déclenchement éventuel d'autres bombes. Du coup, tout le monde était connecté à la recherche d'informations et pour connaitre le sort des proches. Depuis, le centre-ville est fermé, la population a été invitée à rester chez elle autant que faire se peut... Boston ressemble à une ville morte actuellement."

Cinq amis de Valérie Brouwers ont pris part au marathon cette année mais, a priori, aucun d'entre-eux ne figure parmi la longue liste des victimes. "Seul un professeur de l'école d'une de mes connaissances a été touché. Il a été opéré hier suite à de sévères blessures aux jambes. J'ignore si l'intervention s'est bien passée..." Pourtant, à en croire les dires de notre expatriée, la sécurité est accrue à Boston. "Depuis les attentats du 11 septembre, lors desquels deux avions étaient partis de Boston, la sécurité a été renforcée ici. Cette fois, les gens qui ont commis ces actes ont touché au cœur de notre ville. La peur est grande..."

Pour l'instant, les Américains sont dans l'expectative. Et les forces de l'ordre les sollicitent pour faire avancer l'enquête. "Les autorités ont demandé à ce que leur soient envoyées toutes les photos ou vidéos disponibles de ce qui s'est passé, car beaucoup de monde filmait la ligne d'arrivée. Elles sont aussi à l'affût de témoignages éventuels. À l'heure actuelle, un tri est effectué dans tout ça. Les services de sécurité et le FBI sont partout. Il a été un temps question d'un camion jaune, aperçu près des lieux des déflagrations... Mais il n'y a encore aucune piste fiable à l'heure actuelle..." Et l'absence d'informations accentuent l'angoisse ambiante.