Les peintures qui trahissent Claude Guéant

Claude Guéant, qui dit avoir vendu en 2008 deux tableaux à un avocat malaisien pour 500.000 euros, n'a pas demandé de certificat d'exportation pour cela.

AFP
Les peintures qui trahissent Claude Guéant
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Claude Guéant, qui dit avoir vendu en 2008 deux tableaux à un avocat malaisien pour 500.000 euros, n'a pas demandé de certificat d'exportation pour cela, a indiqué jeudi le ministère de la Culture, interrogé par l'AFP.

Tout tableau d'une valeur supérieure à 150.000 euros doit obtenir ce certificat du ministère de la Culture pour être autorisé à sortir de France. Mais l'acheteur malaisien peut avoir laissé les tableaux à Paris, auquel cas aucun certificat n'était nécessaire.

Mais un autre élément entre en ligne de compte. La "valeur type" d'une huile sur bois de 30 sur 60 cm du peintre Andries van Eertvelt représentant des bateaux en mer, comparable aux tableaux évoqués par Claude Guéant, "est de 15.127 euros", a assuré jeudi Artprice à l'AFP.

Pour aboutir à ce résultat, le département Econométrie d'Artprice a retenu l'ensemble des peintures de cet artiste flamand du XVIIè siècle passées en ventes aux enchères publiques depuis 1989 et présentant des caractéristiques similaires aux deux oeuvres décrites par M. Guéant, indique la société française.

L'ancien ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy se défend de tout blanchiment d'argent après la découverte d'une somme de 500.000 euros sur son compte principal, provenant, selon lui, de la vente de deux tableaux de ce peintre à un "confrère" avocat "malaisien".

"J'avais fait l'acquisition il y a une vingtaine d'années de deux tableaux hollandais qui représentaient des bateaux dans la tempête et je les ai vendus en 2008", a dit M. Guéant. "Il s'agit de deux toiles d'environ 30 cm sur 60, peintes sur bois", a-t-il ajouté.

Valls diligente une enquête administrative

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a diligenté jeudi une enquête administrative sur les primes dont son prédécesseur Claude Guéant explique avoir bénéficié quand il était place Beauvau pour expliquer plusieurs factures payées en liquide.

Selon un communiqué, "des déclarations publiques jetant le doute sur le bon usage" des frais d'enquête et de surveillance, Manuel Valls a, "à la demande du Premier ministre, ordonné une enquête administrative" dont les résultats définitifs sont attendus d'ici "un mois".