Le doyen de la Manouba acquitté

Après dix mois d’un procès à rebondissements, la justice tunisienne a finalement acquitté, jeudi, Habib Kazdaghli. Le doyen de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’université de la Manouba (Tunis) était accusé d’avoir agressé deux étudiantes en niqab qui ont été, elles, condamnées à la prison avec sursis.

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Après dix mois d’un procès à rebondissements, la justice tunisienne a finalement acquitté, jeudi, Habib Kazdaghli. Le doyen de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’université de la Manouba (Tunis) était accusé d’avoir agressé deux étudiantes en niqab qui ont été, elles, condamnées à la prison avec sursis.

Ce procès était devenu le symbole de la lutte d’influence opposant laïcs et islamistes depuis la révolution. Des individus se revendiquant du courant salafiste avaient tenté, en 2012, de dicter leur loi aux autorités de la faculté.

"La justice tunisienne m’a acquitté et les deux étudiantes ont été condamnées à deux mois avec sursis", a indiqué jeudi le doyen. Les deux jeunes filles étaient poursuivies dans le même procès pour avoir saccagé le bureau de M. Kazdaghli. Selon les termes du jugement, les étudiantes sont condamnées pour "atteinte aux biens d’autrui" et "préjudice à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions".

Lors de son passage à Bruxelles il y a quinze jours, Habib Kazdaghli nous affirmait d’ailleurs : "C’est une affaire montée de toutes pièces, qui n’aurait pas dû être portée devant les tribunaux. Car c’est l’institution universitaire qui est la victime, c’est elle qui a été saccagée. Et finalement, c’est moi qui dois me défendre et prouver que je n’ai pas giflé cette étudiante. Cela montre à quel point la justice est soumise aux pressions politiques".

"Je suis soulagé que cette histoire prenne fin, c’est un soulagement pour la Tunisie car les tentatives de porter atteinte à la modernité de l’université ont échoué", a estimé jeudi M. Kazdaghli, qui risquait jusqu’à cinq ans de prison pour "acte de violence commis par un fonctionnaire",

"Je suis fier de la justice qui a tout fait pour établir la vérité. Ceux qui ont voulu faire pression sur la justice ont échoué", a-t-il encore affirmé.

Des dizaines de partisans de M. Kazdaghli étaient réunis en début d’après-midi en assemblée générale à la faculté pour débattre et célébrer sa victoire en justice.

"Nous avons gagné une bataille mais la guerre continue !", a lancé une enseignante présente à cette réunion, au début de laquelle les participants ont entonné l’hymne national.V.B. (avec AFP )