Moi, Président de la République, j'ai tenu mes promesses?

Bilan des engagements que François Hollande a tenus, ou pas: ceux qui avaient figuré dans sa mémorable anaphore "Moi, Président de la République", qu’il avait répétée quatorze fois.

Bernard Delattre, correspondant permanent à Paris
Moi, Président de la République, j'ai tenu mes promesses?
©Photonews

Bilan des engagements que François Hollande a tenus, ou pas : ceux qui avaient figuré dans sa mémorable anaphore du duel télévisé de l’entre-deux-tours - sa fameuse formule : "Moi, Président de la République" , qu’il avait répétée quatorze fois.

"Je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée." Bafoué : il vient de le faire.

"Je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un grand hôtel parisien." Respecté.

"Je ferai fonctionner la Justice de manière indépendante." Respecté. Le ministre déchu Jérôme Cahuzac peut en témoigner.

"Je ne nommerai pas les patrons de chaînes de télé." Respecté.

"Mon comportement sera exemplaire." Discutable. Lors de la passation de pouvoirs, à l’Elysée, le passage de son discours relatif à Nicolas Sarkozy de même que son attitude envers lui n’ont pas fait l’unanimité. En outre, par la suite, certains de ses traits d’humour malicieux ont été jugés "indignes" par la droite : son "La France ne présente pas de candidat !" à la succession papale, ou son "Tu ne le verras plus !" , lancé à un enfant qui, au Salon de l’Agriculture, lui demandait où était son prédécesseur.

"Je réformerai le statut pénal du chef de l’Etat." Bafoué. Il n’est plus question que d’adapter son statut civil, et on l’attend toujours. Du reste, François Hollande invoque en ce moment son statut pénal pour ne pas témoigner devant deux tribunaux jugeant des ex-caciques du PS poursuivis pour malversations.

"Je constituerai un gouvernement qui sera paritaire." Respecté. Depuis le départ de Jérôme Cahuzac, le gouvernement compte même davantage de femmes que d’hommes : du jamais vu en Ve République.

"Il y aura un code de déontologie pour les ministres." Respecté. Et, "Affaire Cahuzac" oblige, les ministres ont même été tenus de rendre public leur patrimoine - une première dans les annales.

"Les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local." Respecté. En revanche, le non-cumul pour les parlementaires, lui, a été repoussé aux calendes grecques.

"Je ferai un acte de décentralisation." Bafoué. Le grand "Acte III de la décentralisation" ayant été enterré, les collectivités locales attendent toujours "le nouveau souffle" que François Hollande leur avait promis.

"Je ferai en sorte que les partenaires sociaux soient considérés." Respecté. Ce dialogue social a permis la signature de l’accord interprofessionnel sur "la flexisécurité".

"J’engagerai de grands débats." Respecté. Mais on attend toujours le résultat de certains de ces débats (celui, très délicat, sur la transition énergétique et la sortie du tout nucléaire, par exemple).

"J’introduirai la proportionnelle pour les législatives de 2017." En voie, probablement, d’être bafoué. Il n’est plus guère question que d’élire 10 % des députés à la proportionnelle - "une aumône" , aux yeux des partisans de ce mode de scrutin.

"J’aurai le souci de la proximité avec les Français." Discutable. "Le Président normal" du début du quinquennat a eu tendance, à mesure que dégringolait sa popularité, à espacer ses visites de terrain - au cours desquelles il lui arriva d’être interpellé par des quidams mécontents.

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