Maastricht: les coffee-shops ouverts aux Belges et aux Allemands

Les coffee-shops de Maastricht ne seront, à partir de ce lundi, plus ouverts qu'aux étrangers en provenance de Belgique et d'Allemagne. Ce critère "de pays limitrophe" restera valable jusqu'à l'établissement des coffee-shops à la périphérie de la ville.

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Maastricht: les coffee-shops ouverts aux Belges et aux Allemands
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Les coffee-shops de Maastricht ne seront, à partir de ce lundi, plus ouverts qu'aux étrangers en provenance de Belgique et d'Allemagne. Ce critère "de pays limitrophe" restera valable jusqu'à l'établissement des coffee-shops à la périphérie de la ville, a indiqué Marc Josemans de la Vereniging Officiële Coffeeshops Maastricht (VOCM). Afin d'éviter tout désagrément, les coffee-shops de Maastricht ouvriront leurs portes de 12h à minuit. Lundi, les clients n'étaient pas nombreux, selon M.Josemans.

Les coffee-shops de Maastricht, Sittard et Roermond délivrent à nouveau du cannabis aux ressortissants étrangers, depuis dimanche, bien que cela soit toujours officiellement interdit.

Les bourgmestres limbourgeois annoncent maintenir les contrôles à la frontière

Les bourgmestres de Lanaken, Riemst et Fourons veulent que les coffeeshops aux Pays-Bas restent fermés aux étrangers et annoncent qu'ils vont maintenir les contrôles à la frontière. A la suite de décisions juridiques qui ont permis de contourner l'interdiction de vente de drogues douces aux étrangers, les touristes de la drogue, belges notamment, sont de retour dans les coffeeshops néerlandais.

"La reprise des ventes est une mauvaise chose car l'introduction (en mai dernier, NDLR) d'une carte cannabis ("wietpas"), (qui rendait obligatoire l'enregistrement des consommateurs auprès des coffee-shops et en excluait les étrangers, NDLR), avait bien porté ses fruits", précise Marino Keulen (Open Vld), bourgmestre de Lanaken. "Le nombre de touristes de la drogue avait considérablement baissé, même si les dealers commençaient à aborder les gens directement en rue. Nous plaidons pour le maintien de la ligne dure: les contrevenants doivent être verbalisés et poursuivis", selon M. Keulen.

Mark Vos, bourgmestre de Riemst (CD&V), est sur la même longueur d'onde. "Les nuisances étaient devenues moins importantes, donc l'interdiction doit être maintenue. Nous allons en tout cas maintenir les contrôles à la frontière."

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Impact La nouvelle législation néerlandaise va-t-elle modifier les comportements des consommateurs de cannabis ? Damien (prénom d’emprunt) est un fumeur régulier. Ce Liégeois se rendait régulièrement à Maastricht pour s’approvisionner. "Cette interdiction va un peu me compliquer la vie. Aller au coffee-shop, c’était un moyen facile et sûr d’acheter du cannabis. Maintenant, j’envisage plusieurs options : continuer à m’approvisionner aux Pays-Bas mais dans des villes qui ne sont pas encore concernées par cette législation, organiser une petite plantation chez moi qui couvrirait mes besoins personnels ou trouver un dealer à Liège, ce qui ne sera pas très difficile. En tout cas, je trouve cette mesure très hypocrite. Ce n’est pas comme cela que l’on va empêcher les gens de consommer. Je suis partisan d’une dépénalisation du cannabis en Belgique, avec un cadre strict et des contrôles de qualité." Pour Jean-François, l’interdiction d’accès des ressortissants étrangers aux coffee-shops sera vite contournée. "Il existe à Maastricht et ailleurs ce qu’on appelle des adresses. Si l’on veut acheter du cannabis en quantité supérieure aux cinq grammes autorisés en coffee-shops, il suffit de le signaler au gérant. Il vous oriente alors vers une adresse privée où vous pouvez acheter en gros ou semi-gros (de quelques dizaines de grammes jusqu’à plusieurs kilos). Les prix sont plus bas mais ces filières sont mafieuses et hors contrôle de l’état. Depuis des années, j’y achète mon herbe. On fait un pot commun avec des copains et on ramène de quoi fumer pendant un mois. Evidemment, si on se fait pincer, les conséquences seront plus graves car le parquet peut nous poursuivre. Mais on préfère prendre ce risque plutôt que de faire des allers et retours Liège-Maastricht chaque semaine." Dans un rayon plus anecdotique, depuis le 1er mai, la célèbre ligne de train 40, qui assure la liaison Liège-Maastricht et qui est empruntée par de nombreux touristes de la drogue, ne semble pas connaître de baisse de fréquentation. "Il est encore trop tôt pour se prononcer sur le sujet mais les accompagnateurs ne signalent pas moins de voyageurs", indique Claire Gilissen, la porte-parole de la SNCB. Toutefois, elle fera l’objet de contrôles accrus de la part de la police des chemins de fer. I.L.

Gazette de Liége