Hollande évoque un remaniement dont aucun ministre "n'est protégé"

Sans préciser de date, M. Hollande indique que "le remaniement viendra en son temps". "Un jour, des choix et aménagements auront à être faits. Mais j'ai besoin de tous", a expliqué le chef de l'Etat français.

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Hollande évoque un remaniement dont aucun ministre "n'est protégé"
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François Hollande assure dans un entretien accordé à Paris Match qu'un remaniement ministériel viendra "en son temps", soulignant que "personne n'est protégé dans le gouvernement".

"Un jour, des choix et aménagements auront à être faits. Mais j'ai besoin de tous", explique le chef de l'Etat dans l'hebdomadaire à paraître mercredi. Selon lui, "personne n'est protégé dans le gouvernement. Personne n'a d'immunité", y compris le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, troisième homme de la primaire socialiste.

Le président apporte cependant son soutien, comme le firent avant lui Jean-Marc Ayrault et la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, à la position de M. Montebourg dans le dossier Dailymotion. "Il y avait un risque de perdre cette entreprise française. L'idée était de nouer un partenariat avec Yahoo! qui l'a, pour le moment, refusé", explique M. Hollande.

Sans préciser de date, M. Hollande indique que "le remaniement viendra en son temps".

"Aujourd'hui, ce sont des résultats que les Français attendent. Cette équipe doit en produire sur le chômage, le logement, la consommation, l'éducation, la place de la France dans le monde", fait-il valoir. Selon Paris Match, le seul ministre que M. Hollande félicite nommément est le ministre de l'Intérieur. "Manuel Valls fait du bon travail. Reconnu comme tel par l'opinion publique", relève-t-il.

François Hollande rappelle dans également dans cet entretien que le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, n'a "jamais fait partie de la majorité" et dénonçait déjà durant la campagne présidentielle la politique défendue par le candidat socialiste.

"Mélenchon n'a jamais fait partie de la majorité. Qu'il ne fasse pas semblant de s'étonner de notre politique aujourd'hui alors qu'il l'avait dénoncée par avance durant la campagne", explique le chef de l'Etat dans l'hebdomadaire à paraître mercredi.

Pas convaincu par l'idée d'un gouvernement d'union nationale, M. Hollande explique toutefois qu'il y a "des causes qui doivent nous réunir". "Aujourd'hui, la lutte contre le chômage, le redressement productif, la place de la France dans la mondialisation sont des enjeux qui dépassent les clivages", détaille M. Hollande.

"Si nous n'avons pas la capacité de convaincre les Français qu'ils peuvent mieux vivre demain, il y aura une alternance, mais elle ne sera pas forcément entre la droite et la gauche", met en garde M. Hollande. "On en a eu une illustration en Italie avec les populistes avec l'irruption des populistes," souligne-t-il.

Van Rompuy appelle la France à se réformer en profondeur

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a appelé mardi la France à réformer en profondeur son économie, estimant que ce devoir était plus important que les objectifs chiffrés de déficit.

"Les objectifs chiffrés sont moins importants que les efforts structurels et la réforme structurelle", a affirmé le Belge lors d'une conférence de presse à Stockholm.

La Commission européenne a annoncé vendredi qu'elle proposait d'accorder deux ans supplémentaires à la France, jusqu'en 2015, pour ramener son déficit budgétaire à 3% du Produit intérieur brut.

Pour M. Van Rompuy, "cela ne va pas sans contrepartie".

"La décision n'est pas prise, ni par la Commission ni par le Conseil", a-t-il relevé. "Et si ce report est décidé, il sera lié à de nouvelles réformes structurelles à l'avenir".

Il a rappelé aux Français "les réformes structurelles qu'ils doivent entreprendre à l'avenir dans toutes sortes de domaines: dans le marché du travail, dans le marché des produits et ainsi de suite".

Samedi, le ministre des Finances français Pierre Moscovici avait promis "un nouveau chemin entre réduction des déficits et croissance" et des "réformes". "Le sérieux budgétaire oui, l'austérité non", avait-il lancé.

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