Hongrie: le chef de l'Etat refuse de signer une loi sur la transparence

Le président de la République hongroise, Janos Ader, a refusé de signer et renvoyé au Parlement une loi controversée sur l'accès aux informations publiques, une loi qui entrave la transparence et encourage la corruption, selon ses détracteurs.

Hongrie: le chef de l'Etat refuse de signer une loi sur la transparence
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AFP

Le président de la République hongroise, Janos Ader, a refusé de signer et renvoyé au Parlement une loi controversée sur l'accès aux informations publiques, une loi qui entrave la transparence et encourage la corruption, selon ses détracteurs.

Selon l'annonce du président sur son site officiel, il a "renvoyé" le document pour qu'il soit "reconsidéré" par les députés: "La modification ne devrait pas mener à la restriction des données d'intérêt public", a-t-il expliqué.

Le 30 avril, le Parlement -- où le parti Fidesz du Premier ministre conservateur, Viktor Orban, possède une majorité des deux-tiers -- avait voté une loi qui limite l'accès aux informations concernant les dépenses publiques à deux institutions, la Cour des comptes (ASZ) et le Bureau de contrôle gouvernemental (KEHI).

Selon le gouvernement, il s'agissait de combattre les "abus de demandes de données", mais ses détracteurs affirment qu'en réalité cette loi entrave grandement la transparence et augmente le risque de la corruption.

Dans un communiqué conjoint, l'organisation non-gouvernementale (ONG) Transparency International (TI) et trois autres organisations anti-corruption ont indiqué que le texte "discréditait toutes les promesses du gouvernement de lutte contre la corruption". "Cette modification est un premier pas dans une très mauvaise direction", "sur un chemin qui mène vers le contrôle total de l'Etat sur l'information publique", a souligné Miklos Ligeti, de TI.

"La loi permettrait aux fonctionnaires du gouvernement d'échapper aux conséquences d'opérations douteuses et de maintenir la corruption invisible et impunie", a-t-il ajouté.

Les ONG ont aussi indiqué qu'en signe de protestation elles allaient quitter le groupe de travail anti-corruption mis en place par le gouvernement. Les partis de l'opposition ont accusé le Fidesz d'avoir adopté la loi dans des délais très courts -- en deux jours seulement -- pour couvrir les traces d'un scandale de corruption concernant la monopolisation des licences de ventes de tabacs par des personnes proches du parti au pouvoir, une accusation démentie par le Fidesz.

Depuis qu'il est devenu président l'année dernière, Janos Ader a renvoyé des projets de loi à onze reprises, dont une version controversée de la loi électorale.

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