DSK sur la Croisette

Deux ans après une première apparition à Cannes (l’affaire du Sofitel avait éclaté en plein festival), Dominique Strauss-Kahn est de retour sur la Croisette. Plus ou moins clandestinement, sans doute, puisque c’est au moment où se tient l’édition 2013 que circule sur Internet la bande-annonce du film qu’Abel Ferrara consacre au mémorable dérapage qui coûta au directeur général du FMI son poste, son ambition présidentielle, sa réputation, sa femme et une bonne partie de ses économies (et une petite partie de celles de son épouse).

Deux ans après une première apparition à Cannes (l’affaire du Sofitel avait éclaté en plein festival), Dominique Strauss-Kahn est de retour sur la Croisette. Plus ou moins clandestinement, sans doute, puisque c’est au moment où se tient l’édition 2013 que circule sur Internet la bande-annonce du film qu’Abel Ferrara consacre au mémorable dérapage qui coûta au directeur général du FMI son poste, son ambition présidentielle, sa réputation, sa femme et une bonne partie de ses économies (et une petite partie de celles de son épouse).

Clandestinement, mais pas accidentellement puisque l’Agence France-Presse rapporte que Vincent Maraval, le directeur de la maison de production Wild Bunch, a été vu mercredi, dans un restaurant cannois, montrant à qui voulait ces images destinées à séduire les acheteurs étrangers de ce qui se présente, au vu de la bande-annonce, comme le chef-d’œuvre de la daube cinématographique. Du soft-porn de caniveau dans lequel s’est égarée, on se demande pourquoi, Jacqueline Bisset (dans le rôle d’Anne Sinclair).

Maraval, qui reproche aux vedettes du cinéma français leur cupidité, se flatte d’avoir convaincu Gérard Depardieu de jouer DSK pour rien. En considérant le nombre de femmes dénudées qui lui passent entre les mains en une minute trente, on se dit que Gégé s’est contenté d’être payé en nature - ce qui a l’avantage de n’être pas taxé. La mémorisation de répliques impérissables n’exigeait par ailleurs pas de l’acteur franco-russe des efforts démesurés si l’on en juge par cette brillante répartie, adressée à un comparse qui l’interroge sur son engouement pour le sexe : "Tu préfères quoi : jouer au golf ?"

"Welcome to New-York" (un titre follement original et inspiré, mais il faudra penser à signaler au producteur que "New York" ne prend pas de trait d’union) ne semble guère promis à la gloire, sauf peut-être au Sud-Soudan. On ne rit pas : celui qui aurait dû être aujourd’hui le président de la France était il y a quelques jours à Juba, la capitale de ce nouvel Etat indépendant, riche en pétrole et en minerais. Il participait à l’inauguration d’une banque d’investissements, une institution indispensable dans un pays qui a en outre besoin, devait dire le président de la banque centrale sud-soudanaise Kornelio Koriom Mayik, des conseils de "gens expérimentés comme notre ami Dominique".

Si l’on manque d’expertise entrepreneuriale à Juba, "Dominique" peut certainement recommander quelques partenaires fiables qui ont réussi dans toutes sortes d’affaires (dont celle du Carlton de Lille), par exemple cet autre Dominique, Alderweireld, mieux connu sous son nom de scène : Dodo la Saumure. Ou faudrait-il dire : son nom de plume ? Car le proxénète le plus célèbre de la planète s’est mis à écrire. Un petit livre de souvenirs pour commencer, publié par Denoël sous le titre, trop modeste, "Moi Dodo la Saumure". Il aurait pu, en effet, s’intituler, ainsi que projetait de le faire pour ses Mémoires Joseph Luns, qui fut pendant quinze ans ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas et pendant treize ans secrétaire général de l’Otan : "Ces grands hommes qui m’ont connu".