Un ingénieur américain victime d’intérêts chinois ?

Un singulier procès se déroule à Singapour. Le juge Tai Wei Shyong y est appelé à déterminer si un ingénieur en électronique américain, Shane Todd, retrouvé pendu en juin 2012 dans la cité-Etat du Sud-Est asiatique, s’est suicidé, comme tout porte à le croire jusqu’ici, ou s’il a été assassiné, comme les parents de la victime s’en disent convaincus, en pointant du doigt des intérêts chinois parce que leur fils avait travaillé, selon eux, sur un projet " ultrasensible " destiné à l’entreprise chinoise de télécommunications Huawei.

Ph. P.

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Un singulier procès se déroule à Singapour. Le juge Tai Wei Shyong y est appelé à déterminer si un ingénieur en électronique américain, Shane Todd, retrouvé pendu en juin 2012 dans la cité-Etat du Sud-Est asiatique, s’est suicidé, comme tout porte à le croire jusqu’ici, ou s’il a été assassiné, comme les parents de la victime s’en disent convaincus, en pointant du doigt des intérêts chinois parce que leur fils avait travaillé, selon eux, sur un projet " ultrasensible " destiné à l’entreprise chinoise de télécommunications Huawei.

L’affaire a connu une nouvelle péripétie mardi avec la déposition écrite d’un médecin légiste américain du Missouri, Edward Adelstein, lue devant la Cour lors des audiences publiques qui se déroulent jusqu’au 28 mai. Pour ce médecin, il ne fait aucun doute que Todd a été tué par strangulation. "Je conclus à un meurtre", a-t-il déclaré.

Le jugement est attendu d’ici à la fin juin. Dans ce type de procédure, le juge ne doit pas se prononcer sur la culpabilité, mais établir les circonstances du décès. Dans l’hypothèse où il conclurait à un assassinat, une nouvelle enquête serait diligentée.

Telle ne semble pas être l’intention du juge. L’autopsie a conclu à un suicide, une thèse qu’accréditent plusieurs éléments de l’enquête : l’absence d’indices d’acte criminel, le fait que Todd était sous antidépresseurs, qu’il avait consulté des sites Internet sur le suicide et adressé à des proches des lettres dans lesquelles il se décrivait comme "un fardeau".

Deux médecins légistes américains, sollicités comme experts indépendants, avaient eux aussi conclu au suicide. Quant au témoignage d’Adelstein le juge a souligné que celui-ci reconnaissait lui-même s’être forgé une opinion à distance, à partir de photos.