Faut-il armer les rebelles syriens ?

Dans sa conférence de presse post-sommet européen, Herman Van Rompuy s’est laconiquement contenté de rappeler l’engagement de l’UE pour tenter d’arriver à mettre fin à ce sanglant conflit par la voie politique.

G.T. (avec AFP)
Faut-il armer les rebelles syriens ?
©AP

Si la question syrienne ne figurait pas formellement au menu du Conseil européen qui s’est déroulé ce mercredi à Bruxelles, elle fut néanmoins brièvement évoquée à l’initiative du Britannique David Cameron. Dans sa conférence de presse post-sommet, Herman Van Rompuy s’est ainsi laconiquement contenté de rappeler l’engagement de l’UE pour tenter d’arriver à mettre fin à ce sanglant conflit par la voie politique.

Les chefs d’Etat et de gouvernement, a-t-il ajouté, ont chargé leurs ministres des Affaires étrangères - qui se réunissent lundi prochain - de s’accorder sur les suites à donner à l’embargo qui arrive à échéance le 1er juin. Une réunion qui doit également permettre de définir la position des Vingt-sept dans la perspective de la 2e conférence de paix internationale (dite Genève 2) que les Etats-Unis et la Russie tentent de mettre sur pied.

Livrer des armes aux rebelles

Lors de son intervention, le Premier ministre britannique a réitéré sa volonté de voir l’UE réviser ce régime de sanctions, explique une source européenne. Actuellement, celui-ci impose un embargo sur le pétrole, le gel des comptes des membres du gouvernement de Bachar Al-Assad et de sa famille, l’interdiction pour ceux-ci de pénétrer sur le territoire européen et, surtout, un embargo sur les livraisons d’armes aux belligérants des deux camps.

Mais alors que les forces du régime bénéficient d’équipements militaires fournis par la Russie (des missiles, entre autres), le Royaume-Uni ne cache pas sa volonté d’armer également les rebelles. Une initiative qui bénéficie du soutien de la France, mais à laquelle s’opposent fermement certains pays, à la tête desquels on trouve la Suède et l’Autriche. Ceux-ci craignent en effet de voir ces armes tomber aux mains de groupes djihadistes présents en Syrie.

Les ministres vont devoir trancher entre sept options d’embargo possibles élaborées par les diplomates européens; la règle de l’unanimité étant de mise en la matière. Si nul n’imagine que le régime de sanctions puisse tomber complètement, il n’est pas impossible qu’il soit reconduit en l’état provisoirement, le temps de voir à quoi aboutit la conférence de Genève.

Lors de son débriefing, David Cameron a souligné que l’Union devait envoyer le signal qu’elle était prête à lever l’embargo sur les armes afin de faire pression sur Bachar Al-Assad. Même son de cloche du côté de son homologue français François Hollande.

Depuis Amman (Jordanie) où se tenait une réunion des "Amis de la Syrie", le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a affirmé que le président Assad devrait remettre ses pouvoirs dans l’hypothèse où un accord sur la formation d’un gouvernement de transition serait conclu à Genève. Il a également rappelé que son pays s’opposait à la participation de l’Iran, principal soutien régional du régime syrien, à cette conférence.

"Face à des informations de plus en plus nombreuses sur l’utilisation d’armes chimiques", l’Onu a de son côté une nouvelle fois appelé Damas à laisser ses experts enquêter sur le terrain sans délai.

Le chef de l’armée de l’air israélienne a pour sa part déclaré que son pays est prêt à attaquer la Syrie, en cas de chute d’Al-Assad, pour empêcher que des armes perfectionnées ne tombent entre les mains de groupes djihadistes ou du Hezbollah libanais. Si ce scénario devait se réaliser, il faut s’attendre à un conflit long et douloureux, a-t-il laissé entendre.G.T. (avec AFP)

Sur le même sujet