Mariage pour tous : Ségolène Royal n'aurait pas donné le nom de "mariage"

Invitée d'une émission politique de France 3, Ségolène Royal a rappelé les intentions de son programme de 2007 et a désapprouvé la politique du gouvernement français sur le dossier du mariage pour tous.

Rédaction en ligne (avec AFP)
Mariage pour tous : Ségolène Royal n'aurait pas donné le nom de "mariage"
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Interrogée au sujet des manifestations contre la loi instaurant le mariage pour tous, dont une nouvelle est prévue demain, Ségolène Royal a expliqué sur le plateau de l'émission La Voix Est Libre" (France 3) ne pas "être favorable à des confrontations sur des sujets de société". Elle est ensuite revenue sur son programme de 2007, lorsqu'elle s'est présentée à la présidentielle "Mon programme, c'était l'égalité des droits mais pas en donnant le nom de mariage. Etablir l'union civile sans parler de mariage, ça faisait des étapes et ça n'aurait pas conduit à des confrontations comme ça."

Nouvelle manifestation prévue demain à Paris

Définitivement votée par le Parlement français le 23 avril, la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels a été promulguée samedi dernier, en dépit de la forte mobilisation de la droite et des milieux catholiques. Le premier mariage d'un couple homosexuel doit être célébré mercredi à Montpellier, ville socialiste du sud de la France. Demain, une grande manifestation contre cette loi est prévue à Paris. Les autorités françaises ont une nouvelle fois mis en garde contre le risque de débordements lors de celle-ci, le ministre de l'Intérieur faisant état de "menaces" liées à la présence annoncée de groupes d'extrême droite.

Le ministre Manuel Valls a ainsi invité les opposants au mariage pour tous à "réfléchir" avant d'aller manifester.

Selon M. Valls, "des groupes d'extrême droite", qui "n'ont pas leur place dans la République", "ont prospéré dans le mouvement contre le mariage pour tous". "Ils seront surveillés. A la moindre exaction, la police, comme la justice, interviendront".

Se disant menacée, Frigide Barjot, figure de proue des opposants au mariage homosexuel, avait annoncé vendredi qu'"en l'état actuel des choses", elle ne manifesterait pas. Elle redoute que "certains veuillent profiter de l'ambiance de contestation sociale pour faire déraper le mouvement".

Selon une source policière, les autorités tablent sur la présence de 150.000 à 200.000 manifestants qui devraient être encadrés par quelque 4.500 policiers et gendarmes, soit un millier de plus que lors de la grande manifestation nationale du 24 mars émaillée de quelques incidents près des Champs-Elysées.

De son côté, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui aussi appelé samedi les organisateurs de la manifestation "à une très grande vigilance pour faire en sorte qu'ils ne prennent aucun risque".

Jean-François Copé participe

Le patron de l'UMP Jean-François Copé, a annoncé sa participation malgré les réserves de plusieurs responsables de son parti. "Je voudrais dire aux responsables de l'UMP qu'ils prennent une lourde responsabilité en provoquant la crispation et la radicalisation (qui) malheureusement se produit aux contours de ces manifestations", a déclaré le chef du gouvernement français.

Samedi, M. Copé a tenu à "condamner par avance toutes les formes de provocations, tensions et violences" qui pourraient se produire lors de la manifestation.


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