Stockholm : des patrouilles citoyennes parent aux incendies

Des Suédois ont mis en place une parade efficace à la série d'incendies criminels qui a touché la banlieue de Stockholm pendant six nuits: des patrouilles de citoyens ordinaires qui tâchaient de dissuader les fauteurs de troubles.

Stockholm : des patrouilles citoyennes parent aux incendies
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Des Suédois ont mis en place une parade efficace à la série d'incendies criminels qui a touché la banlieue de Stockholm pendant six nuits: des patrouilles de citoyens ordinaires qui tâchaient de dissuader les fauteurs de troubles.

Les forces de l'ordre ont félicité ces gardiens de la paix sans arme ni uniforme. "Ils ont fortement contribué à atténuer les troubles", a déclaré à l'agence de presse TT une porte-parole de la police de Stockholm, Karin Solberg. Le mouvement s'est structuré autour d'une association qui traditionnellement arpente les quartiers défavorisés à la nuit tombée pour parler aux mineurs qui passent la soirée dehors, Nattvandrare (Marcheurs de nuit).

Leur mission: protéger les écoles, les bibliothèques et les maisons de la jeunesse de ceux qu'ils appellent les "pyromanes".

"On a changé de stratégie. Au début, on faisait des rondes dans le quartier. Maintenant, on reste stationné", explique Aleks Sakala, un consultant en informatique de 44 ans habitant à Kista, un quartier de Stockholm qui mêle un pôle de hautes technologies et une population modeste, avec une forte proportion d'immigrés.

Cet habitant passait sous la pleine lune la nuit de vendredi à samedi dans la cour d'une maternelle. "Une cible idéale. Il y a des buissons autour où se cacher, des endroits où on n'est vu d'aucune habitation, et du bois dans la structure qui va brûler facilement", explique-t-il.

Selon lui, "le quartier s'est enfin réveillé". Une centaine de personnes, reconnaissables à leur gilet jaune fluo, participaient cette nuit-là dans le district de Kista, qui comprend Husby, le quartier d'où sont parties dimanche soir les violences.

A Husby, des dizaines de volontaires sont venus vendredi soir à une réunion des Nattvandrare, a constaté l'AFP. Mais ils ne souhaitaient pas la présence de la presse, par crainte d'attiser les tensions.

On voyait surtout ces gilets fluo dans les rues du quartier de Kista, et pas de policiers, malgré les renforts annoncés. Depuis le début, ces derniers évitent la confrontation.

Vers 1 heure du matin, un car de police passait sur le parking de l'école, pour repartir aussitôt.

Pour David, 46 ans, venu de Sigtuna, une ville de banlieue très calme, "la police n'est pas là pour garder des bâtiments. Elle n'en a pas les moyens, et ce n'est pas son rôle".

"Je préfère vivre dans une société où les citoyens se protègent eux-mêmes, plutôt que dans une société qui a besoin de la police pour tout. C'est ça la démocratie et la liberté", acquiesce Aleks Sakala.

Les patrouilles citoyennes, loin d'être des milices, emploient des moyens pacifiques qui pourraient paraître dérisoires, mais qui suffisent. Les consignes: assurer une présence, la signaler avec des lampes torches, vérifier que toutes les portes, grilles et fenêtres sont fermés, et suivre les individus suspects jusqu'à ce qu'ils rentrent chez eux s'il le faut.

Cette tactique n'a pas empêché que jeudi soir, des inconnus incendient la maternelle Montessori de Kista où Aleks Sakala a un fils. Les dégâts, importants, devraient fortement perturber la fin d'année scolaire.

A un groupe de quatre jeunes femmes qui arpente Kista vendredi soir et rapporte que "tout est calme", il rappelle que "juste avant l'incendie de la Montessori, tout était parfaitement calme aussi".

Les groupes de Kista s'arrêtent à la "frontière" avec le quartier voisin, Husby, différent avec ses barres d'immeuble plus hautes et sa proportion plus importante de locataires de logements sociaux.

Pour savoir comment y évolue la situation, on regarde les informations sur les téléphones portables. Aucun incident à signaler à Husby.


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