Le Premier ministre serbe exclut la création d'une République serbe au Kosovo

Le Premier ministre serbe, Ivica Dacic, a catégoriquement rejeté mercredi l'éventualité de la création d'une République serbe dans le nord du Kosovo, et promis que Belgrade allait "tout mettre en oeuvre" pour appliquer l'accord conclu le mois dernier avec Pristina et jugé "crucial" pour rejoindre l'UE.

Le Premier ministre serbe exclut la création d'une République serbe au Kosovo
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Le Premier ministre serbe, Ivica Dacic, a catégoriquement rejeté mercredi l'éventualité de la création d'une République serbe dans le nord du Kosovo, et promis que Belgrade allait "tout mettre en oeuvre" pour appliquer l'accord conclu le mois dernier avec Pristina et jugé "crucial" pour rejoindre l'UE.

L'accord avec Pristina conclu le 19 avril à Bruxelles sous l'égide du chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, prévoit la création d'une "association de municipalités serbes" avec une large autonomie, a rappelé M. Dacic devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen.

"Mais cela ne veut pas dire qu'il y aura la création d'une Republika Srpska (République serbe)" au Kosovo, a-t-il assuré. La priorité de la Serbie est de rejoindre l'Union européenne, a insisté M. Dacic. Or, la mise en oeuvre de l'accord d'avril "est nécessaire pour obtenir une date pour l'ouverture des négociations d'adhésion", a-t-il rappelé. Une décision sur ce sujet est attendue en juin à l'occasion du prochain sommet des dirigeants européens. "La Serbie n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo mais, en même temps, nous sommes conscients de la réalité sur le terrain", a dit M. Dacic.

"Il est dans notre intérêt de mettre en oeuvre tout ce qui a fait l'objet d'un accord avec Pristina. Le gouvernement serbe fera tout ce qui est en son pouvoir pour appliquer ce plan de façon totale et globale", a-t-il affirmé.

L'accord de Bruxelles porte sur le degré d'autonomie accordé aux 40.000 Serbes vivant dans le nord du Kosovo, une région adossée à la Serbie qui échappe pratiquement au contrôle de Pristina.

En vertu de l'accord, dont une version non officielle a été publiée par la presse, les Serbes vont nommer le chef de la police régionale et auront la gestion des tribunaux, là où ils sont majoritaires, tout en "fonctionnant au sein des institutions légales du Kosovo". L'accord, bien qu'approuvé par le Parlement serbe, se heurte à l'opposition d'une partie des Serbes du Nord du Kosovo, qui rejettent toute possibilité d'être exclus du système constitutionnel et légal de la Serbie.

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