Le conflit syrien se rapproche du Golan annexé

Des rebelles syriens ont brièvement pris le contrôle jeudi du point de passage de Qouneitra sur la ligne de cessez-le-feu avec Israël sur le Golan, avant d'être délogés par les forces du régime.

AFP
Le conflit syrien se rapproche du Golan annexé
©AP

L'armée syrienne a repris jeudi le seul point de passage sur le Golan sur la ligne de cessez-le-feu avec Israël, dans un nouveau coup dur porté aux rebelles au lendemain de leur défaite dans la ville stratégique de Qousseir.

A New York, l'ONU a entamé des discussions pour remplacer au sein de la Force des Nations unies pour l'observation du désengagement sur le Golan (FNUOD) les soldats autrichiens que Vienne a décidé de retirer à la suite des combats.

Concernant le possible recours des armes chimiques dans la guerre en Syrie qui dure depuis plus de deux ans, les Etats-Unis ont affirmé étudier les informations envoyées par la France concernant une utilisation du gaz sarin. Sur le plateau du Golan, "l'armée syrienne a repris le contrôle du point de passage" de Qouneitra, a annoncé à l'AFP une source de sécurité israélienne, quelques heures après l'annonce de sa prise par les rebelles.

Un correspondant de l'AFP a confirmé la reprise de cet unique point de contact d'Israël avec la Syrie situé à proximité du QG de la FNUOD, et précisé que des chars syriens circulaient dans le secteur.

Israël, officiellement en état de guerre avec la Syrie, a renforcé son dispositif militaire sur la partie du Golan qu'il occupe depuis 1967. Des correspondants de l'AFP ont vu des chars israéliens montés sur des camions non loin du passage.

L'ONU a fait état de deux Casques bleus légèrement blessés après un bombardement sur le Golan et l'Autriche a annoncé le retrait de ses 378 soldats de la FNUOD.

Cette force a été à plusieurs reprises prise pour cible en raison des incursions de l'armée et des rebelles dans la zone de sécurité, et a été obligée de réduire ses patrouilles. Des Casques bleus philippins ont été pris en otages à deux reprises ces derniers mois.

Nouveau point pour l'armée après la prise de Qousseir

Le succès de l'armée sur le Golan est survenu au lendemain de sa victoire majeure à Qousseir, ex-place forte des rebelles près de la frontière libanaise, reconquise avec l'appui du Hezbollah libanais après deux semaines de combats féroces.

Les soldats ont bombardé jeudi une ville voisine de Qousseir, où des centaines de civils et de blessés ont trouvé refuge.

"L'armée bombarde Boueida al-Charqiyé avec des missiles", a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales.

Avec ses succès, le pouvoir apparaît en position de force, surtout dans la perspective d'une conférence de paix internationale que Moscou et Washington cherchent, non sans difficultés, à réunir en juillet.

La Russie, un des dernier soutiens du régime syrien auquel elle fournit des armes, a salué un "succès incontestable" à Qousseir, tout en soulignant que l'emploi de la force ne résoudrait pas les problèmes en Syrie.

Qousseir a été totalement ravagée par les combats: des bâtiments écroulés, des magasins éventrés et une odeur âcre flotte dans l'air selon un témoin sur place.

Sur la place centrale de la ville, des bulldozers s'affairent à dégager les décombres, alors que des militaires déambulent, sourire aux lèvres, en portant des drapeaux frappés du portrait du président Bachar al-Assad.

La région de Qousseir est un carrefour des routes d'approvisionnement aussi bien pour l'armée que pour les rebelles. Elle se trouve entre Damas et le littoral, fief de la minorité alaouite à laquelle appartient M. Assad.

Alors que le conflit ne cesse de s'aggraver, avec des soupçons d'usage d'armes chimiques et des risques croissants d'une contagion aux pays voisins, le département d'Etat a affirmé que les Etats-Unis ne comptaient pas "évaluer en public" les données envoyées par Paris disant chercher "encore à établir les faits".

Depuis le début en mars 2011 d'une révolte qui a été réprimée dans le sang et a déclenché une guerre civile, les violences ont fait plus de 94.000 morts selon l'OSDH et poussé à la fuite près de six millions de personnes.

Le régime combat une rébellion hétéroclite composée de jihadistes étrangers ayant fait allégeance au réseau Al-Qaïda, de déserteurs et de civils ayant pris les armes.

Près de 200 islamistes du Caucase russe combattent en Syrie "sous le drapeau d'Al-Qaïda et d'autres structures affiliées", a déclaré le chef du Service fédéral de sécurité (FSB), Alexandre Bortnikov, en exprimant son "inquiétude". Enfin, sur une note plus optimiste, le journaliste italien Domenico Quirico, disparu depuis le 9 avril, "est vivant et en Syrie", a annoncé le directeur de son journal, La Stampa. Les Affaires étrangères italiennes ont confirmé "un contact" entre le journaliste et sa famille.

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