Brésil: la Présidente à l'écoute des revendications de la rue

La présidente brésilienne Dilma Rousseff s'est déclarée mardi à l'écoute des revendications "de la rue", au lendemain de manifestations historiques qui ont réuni plus de 250.000 personnes dans le pays. Plusieurs villes ont abaissé le prix des transports.

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Brésil: la Présidente à l'écoute des revendications de la rue
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La présidente brésilienne Dilma Rousseff s'est déclarée mardi à l'écoute des revendications "de la rue", au lendemain de manifestations historiques qui ont réuni plus de 250.000 personnes dans le pays.

"Ces voix de la rue doivent être écoutées", a déclaré Mme Rousseff lors d'un discours au Palais présidentiel à Brasilia.

"Mon gouvernement écoute ces voix en faveur du changement. Il est mobilisé et engagé en faveur de la transformation sociale", a-t-elle ajouté, alors que d'autres manifestations sont convoquées cette semaine dans le pays, dès ce mardi à Sao Paulo.

"Les voix de la rue souhaitent plus de citoyenneté, de santé, de transports, d'opportunités", a souligné la présidente de gauche, saluant le caractère globalement pacifique des manifestations de lundi.

Elle a assuré "comprendre que les exigences de la population changent au fur et à mesure que nous transformons le Brésil, que nous augmentons la richesse, l'accès à l'emploi et à l'éducation".

Avec l'essor économique et social du pays qui s'est hissé aux rang de septième puissance économique mondiale au cours da la dernière décennie, "ont surgi de citoyens qui réclament plus et ont droit à plus", a analysé le dirigeante brésilienne.

Le Brésil a été secoué lundi par les plus importantes manifestations sociales dans le pays depuis 20 ans, dont certaines ont violemment dégénéré dans la soirée, à Rio de Janeiro et Belo Horizonte ou Porto Alegre.

Les protestaires sont en majorité des jeunes diplomés de la classe moyenne et sans appartenance politique qui se mobilisent sur les réseaux sociaux.

La fronde est né il y a une dizaine de jours d'un mouvement

de grogne d'abord limité contre l'augmentation du prix des transports publics. Elle s'est amplifiée après la violente répression policière de certaines manifestations.

Au-delà des prix des transports publics, les manifestants s'insurgent contre la piètre qualité de certains service publics de base pendant que le pays dépense de milliards pour organiser le Mondial de football l'an prochain et les Jeux Olympiques de Rio en 2016.

Plusieurs villes abaissent le prix des transports

Porto Alegre, Recife et d'autres grandes villes brésiliennes ont annoncé mardi des réductions des prix des transports publics au lendemain de manifestations massives qui ont rassemblé plus de 250.000 Brésiliens dans les rues.

La baisse du prix du ticket de bus, de métro et de train est la revendication à l'origine de la mobilisation sociale depuis 10 jours, qui s'est ensuite étendue à la facture du Mondial (15 milliards de dollars, 11 milliards d'euros), à la corruption et à des demandes d'investissements dans la santé et l'éducation.

A Porto Alegre (sud), le berceau du Forum social mondial, où lundi la manifestation a réuni 12.000 personnes, le ticket de bus est passé de 3,05 à 2,80 reais (de 1,07 à 0,98 euro) après le retrait d'un impôt, a indiqué le maire de la ville José Fortunati, cité par le journal Estado de S.Paulo.

Lundi, un groupe de manifestants, la majorité le visage caché par un foulard, y avaient mis le feu à un autobus, en avaient détruit un autre avant de saccager et piller des magasins. Ils avaient aussi mis le feu à des dizaines de poubelles sur la principale avenue de Porto Alegre jusqu'à l'arrivée de la police qui les avait dispersés avec des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène : 44 personnes avaient été interpellées.

A Pelotas, une autre ville de la région, le prix du ticket de bus a été réduit de 15 centimes et est désormais de 2,60 reais.

A Recife et dans sa banlieue (nord-est), le prix du ticket a baissé de 10 centimes ainsi qu'à Cuiaba (centre-ouest) et Joao Pessoa (nord-est).

A Sao Paulo (sud), où les prix des transports sont récemment passés de trois a 3,20 reais, les manifestants ont demandé le retrait de l'augmentation et même la gratuité des transports publics.

Le maire de Sao Paulo, Fernando Haddad, a accepté mardi de revoir les tarifs après une réunion avec des représentants du mouvement pour la gratuité des transports qui ont dit que les manifestations se poursuivraient jusqu'à l'annulation de l'augmentation.


 


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