Affaire Snowden: Washington fournira toutes les informations demandées par ses alliés

Les Etats-Unis fourniront à leurs alliés européens toutes les "informations" qu'ils réclament sur les activités d'espionnage électronique.

Affaire Snowden: Washington fournira toutes les informations demandées par ses alliés
©AP
AFP et Belga

Les Etats-Unis fourniront à leurs alliés européens toutes les "informations" qu'ils réclament sur les activités d'espionnage électroniques dont est accusée une agence américaine contre leurs représentations à Washington et à l'ONU, a assuré lundi le président Barack Obama à Dar es Salaam.

Washington continue "d'évaluer" le contenu d'articles de presse citant des documents fournis par l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden et les Etats-Unis "communiqueront (ensuite) de manière appropriée avec leurs alliés", a poursuivi M. Obama en visite en Tanzanie.

"Quand nous aurons une réponse, nous ferons en sorte de fournir toutes les informations voulues par nos alliés" européens, a assuré M. Obama.
L'Union européenne (UE), elle aussi ciblée par la NSA, ainsi que plusieurs pays européens ont sommé lundi Washington de s'expliquer sur ces accusations.

La Direction nationale du renseignement américain (ODNI), qui chapeaute les 17 agences de renseignement du pays dont la NSA, avait déjà indiqué plus tôt dans un communiqué transmis à l'AFP que les Etats-Unis "répondront de façon appropriée" à l'UE et à ses Etats-membres par les canaux diplomatiques.

Le président américain a également sous-entendu lundi que les pays européens se livraient à des activités similaires d'espionnage et souligné que les agences américaines de renseignement continueraient leurs activités.

"Il y a une chose que (les Etats-Unis et ses services de renseignement) continueront de faire, c'est d'essayer de comprendre mieux le monde et ce qui se passe dans les capitales de par le monde", a expliqué M. Obama. "Ils cherchent des vues de l'intérieur, au-delà de ce qui est disponible dans les sources ouvertes".

"Dans les capitales européennes, il y a des gens intéressés, si ce n'est par ce que je mange au petit déjeuner, du moins par ce que seraient mes propos si je parlais à leurs dirigeants", a-t-il affirmé.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, avait déjà affirmé lundi que la recherche d'informations sur d'autres Etats n'était "pas inhabituelle pour un grand nombre de pays".

Auteur de révélations explosives sur les programmes de surveillance des télécommunications, Edward Snowden est coincé depuis une semaine à l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, où il est arrivé en provenance de Hong-Kong, son passeport ayant été annulé par les Etats-Unis qui réclament son extradition pour espionnage.

L'ambassadeur des Etats-Unis en Belgique "invité" à s'expliquer

Le ministre belge des Affaires étrangère Didier Reynders a "invité" l'ambassadeur américain Howard Gutman à venir donner des explications sur de possibles activités d'espionnage des Européens par les Etats-Unis, notamment à Bruxelles, a-t-il annoncé lundi.

"Nous avons pris la décision de demander à l'ambassadeur des Etats-Unis de venir nous donner des explications sur les informations de presse concernant un espionnage possible de plusieurs Etats européens, et notamment de bureaux de représentation européens aux Etats-Unis comme de bureaux européens, je pense au Juste Lipse", le siège du Conseil des ministres de l'UE à Bruxelles, a déclaré à la presse le chef de la diplomatie belge.

"Ou bien c'est vrai, et alors c'est très grave, ou bien nous pourrons avoir quelques commentaires de l'ambassadeur des Etats-Unis", a ajouté M. Reynders.

Cette invitation --qui n'est pas une "convocation", un terme plus fort en langage diplomatique-- a été prise "en collaboration" avec les autres capitales européennes, a expliqué M. Reynders, alors que Paris et Vienne ont annoncé des démarches similaires lundi.

"C'est la même question en Allemagne, c'est la même question en France et dans d'autres pays, mais aussi, je pense, au niveau européen", a assuré le chef de la diplomatie belge, sans préciser la date de la rencontre.

"Après, nous aurons peut-être une consultation au niveau de l'UE pour donner une réaction", a-t-il ajouté, reprenant la ligne de la représentante de l'UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton, qui a elle aussi réclamé des explications à Washington.

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé dimanche que l'agence américaine NSA espionnait des bâtiments officiels de l'UE aux États-Unis, mais aussi à Bruxelles depuis de longues années.

Der Spiegel fonde ses accusations sur des documents confidentiels dont il a pu avoir connaissance grâce à Edward Snowden, auteur de révélations explosives sur le programme américain d'espionnage électronique.

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