Nicolas Sarkozy de retour à l'UMP : "Ceci n'est pas ma rentrée politique"

Nicolas Sarkozy, présent pour la première fois au siège de l'UMP depuis 2007, a assuré lundi devant les cadres de son parti que l'heure n'était pas venue pour lui d'une rentrée politique, tout en affirmant devoir prendre ses "responsabilités" après l'invalidation de ses comptes de campagne, qui menace l'UMP de faillite.

Nicolas Sarkozy de retour à l'UMP : "Ceci n'est pas ma rentrée politique"
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Pour la première fois depuis 2007, Nicolas Sarkozy s'est rendu ce lundi à l'UMP pour un "bureau politique extraordinaire" afin d'y délivrer "un message de soutien", après l'invalidation jeudi dernier de ses comptes de campagne présidentielle, qui plonge l'UMP dans le rouge.

L'ancien président Nicolas Sarkozy est arrivé vers 17H00 au siège de l'UMP à Paris, accueilli par une centaine de sympathisants venus soutenir l'ancien chef d'Etat: 

Avant d'entrer au siège du parti, le président a pris un bain de foule. Un homme qui voulait s'approcher de lui pour lui manifester son enthousiasme a été maintenu à l'écart, de manière musclée, par des membres de la sécurité puis des policiers.



La présence de Nicolas Sarkozy "doit être comprise comme un témoignage de solidarité" à l'égard de l'UMP qu'il a dirigée de 2004 à 2007, "ce n'est en aucun cas un retour à la vie politique", avait prévenu Brice Hortefeux, président de l'association "Les amis de Nicolas Sarkozy". 

Les journalistes n'étaient pas conviés à son discours mais Nicolas Sarkozy en a twitté les grandes lignes. Un retour remarqué sur les réseaux sociaux ; Il n'avait plus envoyé de gazouillis depuis le 6 mai 2012. 

 "Ceci n'est pas ma rentrée politique. Le jour où je reprendrai la parole ce sera pour parler aux Français de la France, peut-on lire sur son compte officiel. "Je continuerai mon chemin avec le souci du recul, de la réflexion, de l'écoute, de la paix dont j'ai besoin après tant d'années d'exposition", écrit Nicolas Sarkozy. 


Le discours de Nicolas Sarkozy a ensuite pris une teneur plus politique. "On parle de crise économique, financière, politique...Il y a une crise qui me préoccupe beaucoup plus, c'est la crise des idées politiques, a-t-il affirmé. Nous avons changé de siècle, nous ne pouvons pas porter une grille de lecture du XXIe siècle avec les idéologies du XXe siècle. (...) Nous sommes le seul pays qui a peur du progrès." 

"Vous pourrez compter sur moi à chaque fois qu'il y en aura besoin", a-t-il aussi déclaré, avant de conclure  : "Mais il y a quelque chose d'indécent à parler du rendez-vous de la présidentielle alors que les Français souffrent".

Un signe de retour à la politique ?

Cette visite intervient quatre jours après la confirmation par le Conseil constitutionnel du rejet de ses comptes de campagne présidentielle.

Cette invalidation, au motif que les comptes de campagne du candidat de la droite excédaient le plafond autorisé, prive le parti de droite d'un remboursement de l'Etat de près de onze millions d'euros et risque de plonger les comptes de l'UMP dans le rouge.

Le parti a immédiatement lancé "une grande souscription nationale" et annoncé dimanche avoir collecté "plus de deux millions d'euros" en moins de trois jours.

Dès l'annonce du Conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ne siégerait plus dans cette instance dont il est membre de droit en tant qu'ancien président, "afin de retrouver sa liberté de parole".

Cette information, et l'annonce qu'il se rendrait à la réunion extraordinaire à huis-clos du bureau de l'UMP, avait été interprétée par les médias comme une étape vers le retour en politique de l'ancien président.

Ce dernier s'est abstenu de s'exprimer publiquement depuis sa défaite face au socialiste François Hollande en mai 2012, consacrant son temps à des voyages et des conférences à l'étranger.


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