Sarkozy à l'UMP pour la première fois depuis 2007

L'ancien président français se rend à l'UMP pour un "bureau politique extraordinaire", convoqué par le président du mouvement, Jean-François Copé, après le rejet de ses comptes de campagne qui enfonce le parti dans le rouge.

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Sarkozy à l'UMP pour la première fois depuis 2007
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Pour la première fois depuis 2007, Nicolas Sarkozy se rend à l'UMP pour un "bureau politique extraordinaire", convoqué par le président du mouvement, Jean-François Copé, après le rejet de ses comptes de campagne qui enfonce le parti dans le rouge.

La réunion se tiendra à 17h00 dans la salle plénière du 1er étage du siège de l'UMP, au 238 rue de Vaugirard (Paris XVe). Outre la cinquantaine de membres du BP ("gouvernement" du parti), ont été invités les parlementaires UMP (députés, sénateurs, députés européens), ainsi que les cadres (présidents de fédérations, secrétaires départementaux...). En tout, il pourrait y avoir jusqu'à 800 personnes, si tout le monde répond présent, François Fillon, ancien Premier ministre, notamment.

Selon Brice Hortefeux, qui préside l'association "Les amis de Nicolas Sarkozy", sa présence à cette réunion "doit être comprise comme un témoignage de solidarité" à l'égard de l'UMP qu'il a dirigée de 2004 à 2007. "Ce n'est en aucun cas un retour à la vie politique", martèle auprès de l'AFP l'ex-ministre, fidèle parmi les fidèles de l'ancien président. "Il n'a pas l'intention de re-rentrer sur la scène politique", a renchéri dimanche Christian Estrosi, ni "de se mêler des décisions qui toucheront aux choix des élections municipales et européennes".

Le Conseil constitutionnel a confirmé le 4 juillet le rejet des comptes de campagne de M. Sarkozy au motif qu'il excédaient de 2,1% (un peu plus de 466.000 euros) le plafond autorisé, et décidé en conséquence de supprimer 100% du remboursement forfaitaire de l'Etat, soit près de onze millions d'euros de frais de campagne engagés par l'UMP pour son candidat.

La réunion se déroulera à huis clos, même si à l'UMP, "on sait bien que ce que dira M. Sarkozy fuitera dans la presse". SMS et autres tweets devraient alimenter les journalistes. Le discours de M. Sarkozy sera donc "cadré" - dixit Brice Hortefeux - et l'ancien président s'en tenir à un "message de soutien" à son parti, dont le rez-de-chaussée affiche toujours son portrait de campagne, avec son slogan "La France forte".
Branle-bas de combat

Dès l'annonce du rejet de ses comptes, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu'il ne siégerait plus au Conseil constitutionnel, dont il est membre de droit en tant qu'ancien président, "afin de retrouver sa liberté de parole". Le lendemain, il avait dénoncé "une situation inédite sous la Ve république", évoqué un "péril" pour l'UMP et promis de s'engager pour garantir "une expression démocratique libre dans notre pays".

A l'UMP, cette annonce a signé le branle-bas de combat. M. Copé, en accord avec l'ancien chef de l'Etat, a immédiatement lancé "une grande souscription nationale". Dimanche, dans le Doubs, où il tenait une réunion publique, le président de l'UMP a annoncé que "plus de deux millions d'euros" avaient déjà été collectés, compte tenu uniquement des sommes versées via internet par carte bancaire, les "nombreux chèques" reçus (notamment lors de la "fête de la violette" organisée par la Droite forte, premier courant de l'UMP, samedi en Sologne) n'ayant pas encore été comptabilisés.

Le temps presse. "Pour la campagne, l'UMP a emprunté 10,691 millions d'euros, essentiellement à la Société générale. Nous avons jusqu'au 31 juillet prochain pour rembourser cette somme", a indiqué à l'AFP Catherine Vautrin, trésorière du mouvement. 
C'est un coup dur de plus pour les finances d'un parti dont le financement public a été ramené de 35 à 19,8 millions après les législatives et qui avait dû, pour se remettre à flot, emprunter à un pool de quatre banques françaises 55 millions en juin 2012,somme qui devrait être remboursée en 2017 à raison de 11 millions par an.

A l'UMP, on estime que la décision de Conseil constitutionnel est d'autant plus "sévère" qu'une loi organique du 5 avril 2006 l'autorise à moduler sa sanction en proportion de l'excédent réalisé par un candidat.

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