Tapie: "François Hollande n'est pas à la manœuvre mais laisse faire"

Bernard Tapie était l'invité d'Europe 1 ce mercredi soir. Il est revenu sur l'affaire d'escroquerie dans laquelle il est impliqué et a réagi suite à la saisie d'une partie de ses biens par la justice française.

S. Le. (avec AFP)
Tapie: "François Hollande n'est pas à la manœuvre mais laisse faire"
©AFP

La justice française a ordonné la saisie d'une partie des biens de l'homme d'affaires Bernard Tapie inculpé pour "escroquerie en bande organisée" dans une affaire d'arbitrage dans laquelle est impliquée la directrice du FMI, Christine Lagarde, à l'époque ministre des Finances et de l'Economie de Nicolas Sarkozy. Cette saisie doit notamment permettre, dans l'hypothèse où l'information judiciaire donnerait lieu à un procès puis à des condamnations, que des fonds soient disponibles pour une éventuelle indemnisation des parties civiles.

Bernard Tapie a vivement contesté cette saisie sur les ondes d'Europe 1 et la chaîne de télévision i-Télé: "On ne peut pas accepter des décisions comme ça. Ce n'est pas une part importante, c'est tout ! Pas seulement mes biens, c'est également bloquer tous mes comptes en banque", a-t-il dit. "Je ne savais pas qu'on vivait dans un pays où on peut exécuter des gens avant d'avoir été jugés", s'est-il indigné, évoquant de nouveau la thèse d'un complot le visant. 

Mais Bernard Tapie ne compte pas baisser les bras. "On va se battre, vous ne pensez pas que je vais rester les bras ballants, en disant 'ben allez-y, j'ai la tête sur le billot, vous avez la hache à la main, coupez'. Vous ne pensez pas que je vais me laisser faire."

L'homme d'affaires a d'ailleurs promis d'annuler l'arbitrage si l'enquête révélait "la moindre entourloupe", "tellement je suis certain qu'il n'y a pas eu de magouille".

Le complot, toujours le complot !

Pour Bernard Tapie, qui a été placé en garde à vue durant quatre jours consécutifs fin juin, l'enquête se résume à un "complot" le visant et à travers lui Nicolas Sarkozy et "il n'y a rien" dans le dossier.

Par rapport au ministre socialiste de l'Economie, Pierre Moscovici, qui a affirmé ce matin qu'il n'y avait aucun complot, l'homme d'affaire ne reste pas de marbre. "C'est un hasard, on ne va pas reprocher au Parti socialiste d'être du début à la fin de cette affaire", a ironisé Bernard Tapie.

En ce qui concerne enfin le président de la République, François Hollande, Tapie calme toutefois quelque peu le jeu: "Je ne crois pas une seule minute que le président de la République soit à la manœuvre. Il laisse faire, il n'a pas le courage d'affronter la réalité".