L'UE veut un rempart pour se défendre contre le programme Prism

La commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, a annoncé vendredi sa volonté de renforcer la protection des citoyens de l'UE contre l'utilisation de leurs données personnelles aux Etats-Unis.

L'UE veut un rempart pour se défendre contre le programme Prism
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La commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, a annoncé vendredi à l'AFP sa volonté de renforcer la protection des citoyens de l'UE contre l'utilisation de leurs données personnelles aux Etats-Unis.

"Prism a réveillé les Européens sur la nécessité d'avoir des règles fortes et strictes", a souligné Mme Reding lors d'un entretien accordé avant le début d'une réunion informelle avec les ministres de la Justice de l'UE à Vilnius, en Lituanie.

Elle s'est félicitée d'avoir obtenu un soutien des ministres français et allemand, Christiane Taubira et Sabine Leutheusser-Schnarrenberger, signataires d'une déclaration commune dans laquelle elles insistent sur "le devoir de garantir un haut niveau de protection des données des citoyens européens".

"Chacun doit savoir quelles données personnelles sont collectées par les opérateurs de télécommunication, dans quelle mesure ces données sont transférées à des autorités étrangères et dans quel but", insistent les deux ministres.

"L'action conjointe franco-allemande va être extrêmement utile", a assuré Mme Reding, dont le projet de réglementation pour renforcer la protection des données dans l'UE avait été retoqué lors de la dernière réunion des ministres début juin à Luxembourg.

Depuis, les Européens ont découvert Prism, un programme informatique mis en place par la NSA, l'agence nationale de sécurité américaine, pour scanner les communications numériques échangées sur les services en ligne comme Facebook, Google, Skype.

Les données personnelles des citoyens européens sont ainsi transférées et utilisées aux Etats-Unis sans qu'ils le sachent, et sans qu'ils aient de moyens pour se défendre devant des tribunaux américains.

"On va pouvoir accélérer la cadence et faire très très vite", a ajouté Mme Reding qui espère des avancées dès la prochaine réunion formelle des ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'UE les 7 et 8 octobre à Luxembourg.

Elle a annoncé son intention d'étudier d'ici à cette réunion les dispositions du "Safe Harbor", un ensemble de principes de protection des données personnelles publiés par le Département du Commerce américain, auquel les entreprises établies aux Etats-Unis adhèrent pour pouvoir recevoir des données à caractère personnel en provenance de l'UE.

"Je me pose la question: est-ce vraiment +safe+ ? Je vais voir si les données des citoyens européens sont vraiment protégées ou s'il faut prendre des mesures", a-t-elle expliqué. "On ne peut pas transférer des données personnelles des citoyens européens à un tiers sans leur accord", a-t-elle insisté.

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