Vers une politique européenne de défense plus intégrée ?

La Commission européenne a adopté mercredi une communication sur la politique de défense, dans laquelle elle détaille les enjeux en préparation d'un sommet sur la question en décembre prochain.

AFP et BELGA
Vers une politique européenne de défense plus intégrée ?
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La Commission européenne a présenté mercredi une série de mesures destinées à améliorer l'efficacité de la défense européenne, en renforçant la coopération entre les Etats membres de l'UE, mais aussi les capacités communes. Cette communication, établie à la demande des Etats dans la perspective du sommet européen de décembre consacré à la défense, touchent à la politique industrielle, au marché intérieur et à la recherche notamment. 

L'intensification des synergies, dans un contexte budgétaire difficile, est au cœur de la démarche. "En ces temps de restrictions budgétaires, nous avons particulièrement besoin d'une coopération et d'une intégration accrues pour devenir plus efficaces. La défense continue de relever de la souveraineté nationale et les États membres sont naturellement en première ligne sur cette question. La Commission peut toutefois les soutenir et mobiliser ses politiques pour renforcer le secteur", souligne le commissaire au marché intérieur, Michel Barnier.

L'une des pistes est l'acquisition par l'Union européenne elle-même de certaines "capacités à double usage", comme par exemple des bateaux hôpitaux, des moyens pour la cybersécurité, des avions de transport stratégique, des canadairs ou encore des bateaux capables de pomper le pétrole en haute mer en cas de catastrophe.

Barroso tempère 

Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a insisté sur le fait que Bruxelles n'avait "pas de compétences militaires" et ne voulait "pas en avoir". Et il a appelé les Etats membres à progresser vers une défense commune, "tout en respectant les engagements" vis-à-vis de l'Otan. M. Barroso, auquel on prête des ambitions à la tête de l'Alliance atlantique après son deuxième mandat à la présidence de la Commission, a assuré que sa communication n'avait "rien à voir" avec son avenir. "Tout lien entre cette communication et ce que je pourrais faire ou ne pas faire à l'avenir est de la pure spéculation", a-t-il insisté. 

Il a souligné que l'industrie européenne de la défense employait directement quelque 400.000 personnes pour un chiffre d'affaires d'environ 96 milliards d'euros en 2012. Mais le secteur souffre de contraintes budgétaires et de la fragmentation du marché européen, et la Commission estime qu'il faut agir pour maintenir les capacités industrielles et technologiques européennes. 

La Commission entend intervenir sur la normalisation, les marchés publics et les distorsions de marché, le soutien à la compétitivité et aux PME, mais aussi pour plus de synergies entre recherches civile et militaire et le développement des capacités de double usage.