Accident en Italie: les familles désespérées

"C'est comme si une montagne m'était tombée sur la tête": aux abords de la chapelle ardente érigée dans une école du village de Monteforte Irpino, les familles sont au désespoir après l'accident d'autocar qui a fait au moins 38 morts près de Naples.

Accident en Italie: les familles désespérées
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AFP

Aux abords de la chapelle ardente érigée dans une école du village de Monteforte Irpino, les familles sont au désespoir après l'accident d'autocar qui a fait au moins 38 morts près de Naples. Après l'annonce du lourd bilan de ce tragique accident survenu dans la nuit de dimanche à lundi sur l'autoroute Bari-Naples, les familles des victimes sont aussitôt accourues pour pleurer leurs proches, dont les corps sont exposés dans la chapelle ardente.

En sortant, Ciro, frère d'une des victimes, se confie à l'AFP: "Ils m'ont juste fait voir le corps". "C'est comme si une montagne m'était tombée sur la tête. Vous voyez ce que je veux dire? Une montagne qui vous tombe dessus", raconte-t-il, encore sous le choc. Face à la douleur des familles des victimes, une brève cérémonie religieuse a été improvisée dans l'après-midi devant la chapelle ardente, sous une chaleur écrasante.

Après la cérémonie, une quinzaine de corbillards sont arrivés sur les lieux pour prélever les corps des victimes, dont les funérailles seront célébrées mardi matin, à Pozzuoli, une petite ville près de Naples d'où étaient originaires 28 des 38 victimes. Au moment où le premier cercueil est sorti, une clameur et des applaudissements se sont élevés. Un homme accablé suivait le cercueil: "Non, non, non, ce n'est pas possible!"

Non loin de là, à l'endroit où le car s'est écrasé après un vol plané de trente mètres, régnait encore un spectacle de désolation: une dizaine de sièges jaunes à motifs bleus maculés de sang, une tong, un chapeau, des chaussures, une peluche... Quelqu'un a déjà installé une petite croix entourée de fleurs sur le lieu du drame. Les réactions politiques au niveau national et européen se sont succédé au cours de la journée face à l'un des accidents routiers les plus meurtriers de ces dernières années en Europe. Le dernier, en mars 2012 en Suisse, avait fait 28 morts dont 22 enfants.

Le chef du gouvernement italien en personne, Enrico Letta, est attendu aux obsèques qui se dérouleront mardi matin à Pozzuoli. Sur place, les autorités locales ont fait bloc autour des victimes. "Je n'ai pas de mot. Ce que nous essayons de faire pour le moment, c'est juste d'être aux côtés de ces familles car c'est une tragédie qui a touché toute la communauté de Pozzuoli", a expliqué à l'AFP Enrico Russo, président du conseil communal de la petite ville.

"C'était un groupe de personnes qui justement cherchaient un peu la paix, à faire un petit voyage pour oublier aussi les problèmes qu'ils avaient. Et malheureusement la fatalité a voulu qu'ils finissent au ciel", se lamente-t-il. Parallèlement, la justice se mobilise pour faire la lumière sur la tragédie: "Arriver ici cette nuit et voir cette scène est quelque chose qui touche vraiment", a déclaré à quelques journalistes devant la chapelle ardente le procureur en charge de l'enquête, Rosario Cantelmo.

"Nous ferons tout ce que nous pourrons et nous ferons en sorte que tout le monde obtienne justice, c'est vraiment une affaire grave", a-t-il promis, précisant que plusieurs personnes avaient déjà été placées sous enquête, sans en révéler le nombre ni l'identité.


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