Le pédophile espagnol grâcié au Maroc arrêté en Espagne

Le pédophile espagnol dont la grâce a été annulée dimanche par le roi du Maroc a été arrêté dans le sud-est de l'Espagne, à Murcie, a annoncé lundi le ministère espagnol de l'Intérieur.

Le pédophile espagnol grâcié au Maroc arrêté en Espagne
©AFP
AFP et Belga

Le pédophile espagnol dont la grâce a été annulée dimanche par le roi du Maroc a été arrêté dans le sud-est de l'Espagne, a annoncé lundi le ministère espagnol de l'Intérieur. Daniel Galvan, un homme d'une soixantaine d'années au passé trouble, condamné en 2011 à 30 ans de prison au Maroc pour des viols sur onze mineurs, "a été arrêté à Murcie" et doit être mis à disposition du tribunal madrilène de l'Audience nationale, a indiqué un porte-parole du ministère.

La grâce de Daniel Galvan, décidée mardi dernier par le roi du Maroc Mohammed VI, avait provoqué une vague de colère populaire dans le royaume. Le roi avait finalement décidé dimanche de l'annuler.

Selon les médias officiels marocains, la grâce royale a été accordée à 48 prisonniers espagnols au nom de l'excellence des relations entre l'Espagne et le Maroc, quelques jours après une visite du roi Juan Carlos au Maroc au mois de juillet.

Une source proche du dossier à Madrid a expliqué lundi que le gouvernement espagnol avait proposé au Maroc 48 noms de prisonniers, parmi lesquels "une liste de 18 prisonniers en demandant à ce qu'ils soient graciés et une autre de 30 noms demandant qu'ils soient transférés en Espagne afin d'y purger leur peine. Galvan figurait dans cette seconde liste".

Le directeur de l'administration pénitentiaire révoqué par le roi du Maroc

Le roi du Maroc Mohammed VI a révoqué lundi le directeur de l'administration pénitentiaire, après les protestations qui ont suivi la grâce accordée à un pédophile espagnol, a indiqué un communiqué du palais royal. "L'enquête a conclu que ladite administration, lorsqu'elle a été sollicitée par le Cabinet Royal, a transmis par inadvertance des informations erronées de la situation pénale de l'intéressé", selon le communiqué.

Cette mesure intervient quelques heures après la décision du souverain d'annuler la grâce qui a permis de libérer, mardi dernier un pédophile multirécidiviste espagnol âgé de 63 ans.

L'homme aurait déjà quitté le Maroc, selon des médias des deux pays.

Dans son communiqué, le palais royal a rappelé que "l'enquête portait sur la détermination des responsabilités et des points de défaillance qui ont conduit à cette libération" qui a provoqué une vague d'indignation populaire dans plusieurs villes du royaume.

Le gouvernement dominé par les islamistes du Parti justice et développement est resté, lui, très discret. Contacté jeudi dernier par l'AFP, le ministre de la Justice avait estimé qu'il n'était "pas habilité à commenter".

Des manifestations étaient prévues mardi à Casablanca, la plus grande ville du Maroc, et mercredi à Rabat.


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