MSF contrainte de quitter la Somalie

MSF, qui était l'une des rares ONG encore présente en Somalie, ferme "toutes ses activités humanitaires en Somalie (...) à partir d'aujourd'hui".

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MSF contrainte de quitter la Somalie
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L'ONG Médecins sans frontières a annoncé mercredi son retrait de Somalie, après 22 ans de présence continue dans ce pays en état permanent de guerre civile, invoquant de graves problèmes de sécurité.

MSF, qui était l'une des rares ONG encore présente en Somalie, ferme "toutes ses activités humanitaires en Somalie (...) à partir d'aujourd'hui," a annoncé le président de MSF International, Unni Karunakara, devant la presse à Nairobi, capitale du Kenya voisin.

"Nous partons parce que la situation a créé un déséquilibre insoutenable entre les risques auxquels nos équipes sont confrontées, les compromis que nous devons faire et notre capacité à fournir une assistance aux victimes somaliennes, a-t-il ajouté.

Dans un communiqué, MSF dit avoir pris sa décision "à la suite d'agressions extrêmement graves sur les équipes dans un contexte où les groupes armés et les autorités civiles tolèrent? voire soutiennent les assassinats, les enlèvements et les attaques à l'encontre des travailleurs humanitaires."

En octobre 2011, deux employées espagnoles de MSF avaient été enlevées dans les camps de réfugiés somaliens de Dadaab, dans le nord-est du Kenya, avant d'être emmenées en Somalie, où elles ont été retenue 21 mois. Elles ont été libérées le mois dernier, dans des circonstances non dévoilées.

En décembre 2011, deux membres de MSF avaient aussi été assassinés dans Mogadiscio. MSF affirme que leur agresseur, qui avait été condamné, a bénéficié d'une libération anticipée.

"Ces deux incidents ne sont que les derniers d'une longue série d'agressions," affirme encore MSF. "Depuis 1991, quatorze autres volontaires ont été tués et l'organisation a subi des dizaines d'attaques contre son personnel, ses ambulances et ses infrastructures médicales."

La Somalie est en état de guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991. Depuis, le pays n'a jamais connu d'autorité centrale effective.

Chefs de guerres, de clans, groupes de pirates ou insurgés islamistes shebabs se battent pour le contrôle de portions de territoire. Les combats, auxquels s'ajoutent des sécheresses chroniques, ont fait des millions de réfugiés et déplacés depuis deux décennies.

MSF, dont plus de 1.500 employés "assuraient des soins de santé gratuits", ferme ses activités dans onze endroits du centre-sud somalien, dont Afgoye, Galkayo, Kismayo et Mogadiscio.

"En définitive, ce sont les civils somaliens qui vont payer le prix fort," a déploré le Dr Karunakara.

"Une grande partie de la population n'a jamais connu le pays sans guerre ou sans famine," a-t-il rappelé, estimant qu'elle recevait "déjà beaucoup moins d'aide que nécessaire".

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