Syrie: la France accuse le régime et apporte ses preuves

Selon Paris, l'attaque chimique du 21 août près de Damas a été perpétrée par le régime syrien et a fait "au moins 281" morts.

AFP
Syrie: la France accuse le régime et apporte ses preuves
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L'attaque chimique du 21 août près de Damas a été perpétrée par le régime syrien et a fait "au moins 281" morts, notamment parmi la population civile, selon des informations des services de renseignement français rendues publiques lundi par le gouvernement. Cette attaque était "massive. Nous, nous identifions au moins 281 décès", a-t-on précisé de source gouvernementale française. Cette évaluation est bien inférieure à celle livrée par les Etats-Unis qui avaient estimé vendredi à 1.429 morts dont 426 enfants le bilan de cette attaque.

Le gouvernement britannique exclut tout nouveau vote sur la Syrie

Le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, a déclaré lundi qu'il n'était pas envisagé de solliciter un nouveau vote du Parlement sur une éventuelle intervention en Syrie, à moins que les "circonstances ne changent très significativement".

"Nous considérons que le Parlement s'est exprimé clairement sur cette question et qu'il est peu probable qu'il veuille y revenir sauf si les circonstances changent très significativement", a déclaré le ministre devant les députés, sans élaborer.

Le gouvernement britannique ne prévoit "absolument pas" de convoquer une deuxième fois les députés après le veto parlementaire jeudi dernier sur le principe d'une intervention contre le régime syrien, avait indiqué plus tôt un porte-parole de Downing Street.

"Le Parlement s'est exprimé et c'est pourquoi le gouvernement n'a absolument aucune intention de retourner devant le Parlement", a ajouté le porte-parole officiel du Premier ministre, David Cameron, en réponse aux appels pressants de plusieurs députés souhaitant qu'on remette le dossier sur la table.

Le numéro deux du gouvernement, le libéral-démocrate, Nick Clegg, a également déclaré ne pas concevoir que le gouvernement, favorable à une intervention en Syrie, puisse poser une deuxième fois "la même question sur le même sujet" au Parlement.

Les députés se sont opposés jeudi à toute participation de Londres à des frappes contre le régime syrien, accusé d'avoir mené une attaque massive avec des armes chimiques contre la rébellion le 21 août dernier.

Le débat parlementaire s'est soldé par un camouflet pour le chef du gouvernement, avec 285 voix contre une participation britannique à une action punitive, et 272 voix pour.

Selon un sondage d'ICM Research publié lundi, 71% des personnes interrogées au Royaume-Uni approuvent la décision des députés britanniques.

Mais plusieurs voix se sont fait entendre ce week-end en faveur d'une position plus ouverte quant à l'éventualité d'interroger à nouveau les députés, surtout après la décision du président américain Barack Obama de repousser la perspective d'une intervention en demandant au Congrès l'autorisation de procéder à des frappes.

L'ancien ministre des Affaires étrangères, Sir Malcolm Rifkind, estime que le délai engendré par la décision du président américain offre à la Chambre des Communes une nouvelle occasion de "réfléchir" à la question.

Le maire de Londres, Boris Johnson, écrit lundi dans sa chronique hebdomadaire dans le Daily Telegraph qu'un retour devant le Parlement pourrait s'avérer utile si "de nouvelles et de meilleures preuves qui incriminent Assad" sont trouvées.

Le ministre des Affaires étrangères, William Hague, a déclaré dès dimanche à la BBC que de "nouvelles informations au sujet des attaques (chimiques) ne vont pas, à mes yeux, faire changer d'avis les députés qui n'ont pas apporté leur soutien aux plans du gouvernement".

Le pape toujours pas "chaud" non plus

"Plus jamais la guerre, plus jamais la guerre", a tweeté lundi en neuf langues le pape François, renouvelant son appel pressant de dimanche contre toute solution armée en Syrie, alors qu'au Vatican aussi on dit redouter "un conflit mondial".

Les tweets du pape pour la paix et le dialogue en Syrie sont reçus par 9 millions de "followers" en neuf langues, dont 3,5 millions en espagnol, et 2,9 en anglais, et seulement 86.000 en arabe. Ils peuvent, bien entendu, être retweetés, ce qui multiplie leur portée.

Les craintes d'un conflit mondial, évoquées par des évêques de la région, sont reprises aujourd'hui ouvertement au Vatican, après les propos sans ambiguité du pape contre toute solution armée quelle qu'elle soit.

Elevant la voix dimanche avec force en condamnant l'usage des armes chimiques et en menaçant du "jugement de Dieu" et du "jugement de l'Histoire" les responsables des massacres dans les guerres, le pape s'était adressé de manière pressante à la communauté internationale pour arrêter toutes les guerres et sauver la Syrie.

Par ailleurs, le Vatican a annoncé que le cardinal français Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, représenterait le pape François à une conférence organisée par la Maison royale hachémite à Amman mardi et mercredi sur "les défis des arabes chrétiens" au Moyen-Orient.

Une conférence dont le pape avait parlé avec le roi Abdallah II, lors de leur entretien au Vatican mercredi dernier. Le pape et le roi avaient alors souligné "la contribution positive que les communautés chrétiennes apportent aux sociétés de la région, dont elles sont parties intégrantes".

Pas de réunion du groupe des Amis de la Syrie dimanche à Rome 

Aucune réunion des pays "Amis de la Syrie" n'est prévue à Rome dimanche, a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Il n'y aura aucune réunion du groupe des +Amis de la Syrie+ à Rome, ni dimanche ni un autre jour", a déclaré le porte-parole, en ajoutant: "nous n'avons pas du tout prévu de réunion de ce groupe".

Auparavant, l'agence italienne Ansa avait assuré qu'une rencontre de ce groupe allait avoir lieu dimanche, en citant "diverses sources diplomatiques".

L'Ansa affirmait que la réunion aurait lieu "probablement au niveau des ministres des Affaires étrangères".

Les onze pays Amis de la Syrie comprennent notamment les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, ainsi que le Qatar, la Turquie et l'Arabie saoudite.

La Russie va envoyer des parlementaires au Congrès américain 

La Russie va envoyer une délégation parlementaire aux Etats-Unis pour discuter de la Syrie avec des membres du Congrès américain, ont annoncé lundi les dirigeants des deux chambres du Parlement russe au cours d'une rencontre avec Vladimir Poutine. "Nous aimerions nous adresser au Sénat et au Congrès pour dialoguer directement avec eux", a déclaré Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération, pendant la rencontre à laquelle participait également le président de la Douma (chambre basse) Sergueï Narychkine.

Le président américain Barack Obama a annoncé samedi qu'il allait demander au Congrès son feu vert pour lancer des frappes en Syrie, qui semblaient jusqu'alors imminentes.

M. Poutine s'est félicité de l'initiative des parlementaires.

"Pour mieux se comprendre mutuellement, il n'y a pas d'autre moyen que d'exposer ses arguments et ses points de vue. Engager un dialogue direct avec le Parlement américain sur la Syrie sera une contribution notable aux relations russo-américaines", a-t-il ajouté.

Mme Matvienko a indiqué que la délégation comptait rencontrer des parlementaires américains d'ici au 9 septembre, date de la rentrée du Congrès après les vacances d'été.

Près de 90 rebelles tués en 48 heures près de Damas 

Près de 90 rebelles ont été tués en 48 heures autour de Damas, dont une vingtaine dans une embuscade tendue par l'armée lundi, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Au moins 29 rebelles, dont des non-Syriens, ont été tués dans une embuscade tendue par les forces spéciales de l'armée et les combattants chiites du Hezbollah" à Adra, au nord-est de Damas, a affirmé dans un communiqué cette organisation qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources médicales et militaires à travers la Syrie.

De son côté, l'agence officielle Sana, citant une source militaire, a indiqué qu'"une unité de notre armée valeureuse" avait tué "lors d'une embuscade bien préparée, la majorité des membres d'une unité du groupe terroriste al-Nosra qui tentaient de s'infiltrer vers la route orientale".

L'OSDH a fait état de morts et de blessés du côté de l'armée syrienne mais sans être en mesure d'en préciser le nombre.

Pour la seule journée de dimanche pas moins de 46 rebelles ont trouvé la mort dans des combats consécutifs à une offensive des insurgés contre des positions militaires à Rouheiba, au nord-est de Damas.

Onze autres insurgés ont péri lors d'autres combats, dans la province de Damas toujours selon l'OSDH.


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