Syrie: l'Iran prêt à aider à trouver une solution "pacifique"

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, allié de Bachar al-Assad, continue de rejeter toute intervention militaire étrangère en Syrie.

Belga
Syrie: l'Iran prêt à aider à trouver une solution "pacifique"
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L'Iran est prêt à aider à trouver une solution "pacifique" au conflit en Syrie, a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif en rejetant de nouveau toute intervention militaire étrangère dans ce pays. M. Zarif, dont le pays est un allié du régime syrien, a fait part de cette position iranienne lors d'une conversation téléphonique dimanche soir avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, a indiqué lundi la radio-télévision iranienne (Irib) sur son site internet.

"Tout en rejetant l'usage de la force pour résoudre la crise en Syrie", M. Zarif a affirmé que l'Iran était "prêt à trouver une solution pacifique" en Syrie, ravagée par une guerre civile depuis plus de deux ans.

Téhéran a multiplié les mises en garde aux Etats-Unis et à leurs alliés contre les conséquences sur la région d'une frappe militaire contre le régime du président Bachar al-Assad, accusé d'avoir eu recours à des armes chimiques dans une attaque contre les rebelles le 21 août près de Damas.

Cette attaque a fait des centaines de morts dont un grand nombre d'enfants selon Washington, l'opposition et une ONG syriennes.

L'Iran, qui condamne tout usage de ces armes prohibées et prône une solution politique au conflit, affirme que l'attaque aurait pu être menée par les rebelles qui veulent la chute du régime Assad.

Le chef de l'Otan "personnellement convaincu" de la responsabilité du régime

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré lundi être "personnellement convaincu" que le régime syrien était responsable des attaques chimiques ayant fait des centaines de morts le 21 août.

"Personnellement, je suis convaincu que non seulement une attaque chimique s'est produite (...) mais que le régime syrien en est responsable", a déclaré devant la presse M. Rasmussen, en indiquant avoir eu accès à des informations classifiées données par des pays membres de l'Otan.

Mobilisation du Hezbollah en prévision de frappes éventuelles

Les combattants du Hezbollah chiite libanais, allié du régime de Damas, ont rejoint des positions tenues secrètes au Liban, en prévision d'une frappe éventuelle des Etats-Unis contre la Syrie, ont rapporté lundi des témoins. Le quotidien Akhbar, proche du régime syrien et du Hezbollah, a affirmé pour sa part lundi que "la résistance islamique (le Hezbollah) avait appelé tous ses cadres et ses membres à rejoindre leurs positions".

Des habitants de la région de Tyr ont indiqué qu'il y avait une ambiance de mobilisation générale dans le sud du Liban.

La majorité des jeunes, connus pour être membres du Hezbollah, ont disparu des villes et villages depuis cinq jours, mais les mesures de sécurité autour des permanences du parti et les barrages n'ont pas changé, selon les témoins.

Dans la banlieue sud de Beyrouth, des jeunes d'une quinzaine d'années ont remplacé les militants plus aguerris pour fouiller les voitures qui entrent dans ce fief du Hezbollah.

Le quotidien Akhbar affirme dans son édition de lundi que "l'armée syrienne a mobilisé les unités qui ne participent pas jusqu'à présent aux affrontements (contre les rebelles). Elle a aussi installé avec le Hezbollah une salle d'opération et mis ses unités en charge des missiles dans un état d'alerte sans précédent".

Le président américain Barrack Obama tente de convaincre les membres de la Chambre des représentants et du Sénat de voter en faveur d'une frappe contre la Syrie. Le président français François Hollande s'est également prononcé en faveur d'une opération en Syrie. Le Royaume-Uni a quant à lui renoncé à intervenir après que le Parlement a voté la semaine passée contre cette éventualité.

Selon Wadah Charara, professeur de sociologie à l'Université libanaise et auteur d'un livre intitulé "L'Etat Hezbollah", le mouvement chiite compte 30.000 combattants dont 10.000 très aguerris. Entre 800 et 1.200 d'entre eux ont combattu à Qousseir et à Homs (centre) aux côtés de l'armée syrienne contre les rebelles.