Une valise oubliée et des critiques pour Cameron

Parti au wagon-restaurant, le Premier ministre a laissé sa fameuse valise rouge à l'abandon deux wagons plus loin. Une affaire qui retourne la presse britannique.

Une valise oubliée et des critiques pour Cameron
©Printscreen Mirror
G.Ga.

Tout commence avec un cliché pris ce lundi. Une valise rouge laissée sans surveillance, clé sur la serrure, sur la tablette d'un train qui relie Londres à York. Rien d'extraordinaire jusque là, si ce n'est l'imprudence de son propriétaire. Sauf qu'à y regarder de plus près, l'inscription "Prime Minister" ne laisse aucun doute quant à l'identité du propriétaire. Un certain David Cameron, Premier ministre de son état…britannique. Et que cette fameuse valise rouge n'est pas un attaché-case comme les autres.

C'est en effet l'une des célèbres red boxes, ces malettes rouges très vintage à 700 livres l'unité qui accompagnent les ministres britanniques depuis 1860 et William Eward Gladstone, et servent à transporter des documents ministériels et, par conséquent, souvent confidentiels. Pas le genre de valise qu'on laisse sans surveillance, même si on est seulement deux wagons plus loin, en train de profiter du wagon-restaurant, comme c'était précisément le cas de David Cameron.

En laissant ses sièges vides pour que son estomac ne le soit plus, le Premier ministre s'est en tout cas attiré les quolibets de la presse: "La tête de David Cameron est aussi vide que les quatre sièges qui entourent sa valise", ose ainsi le Daily Mirror, relayé par nos confrères de Rue89. Le tabloïd en profite pour rappeler que le pensionnaire du 10 Downing Street est coutumier du fait, lui qui avait oublié…sa propre fille dans un pub l'an dernier.

Le Guardian ajoute que, conformément à une directive en vigueur depuis 1999, la valise aurait dû revêtir sa plus belle tenue de camouflage, histoire de passer pour un bagage comme les autres. C'est la condition sine qua non pour pouvoir voyager dans les transports en commun avec ces fameuses valises. Et encore: par mesure de sécurité, Simon Burns, ministre des…Transports, voyage lui dans une voiture avec chauffeur qui coûte la bagatelle de 100.000 livres par an pour éviter de travailler sur des documents confidentiels dans le train.

Des précautions qui ne sont visiblement pas valables pour le Premier ministre. L'auteur de la fameuse photo a même confié au Daily Mail qu'il aurait pu s'emparer de la valise et s'enfuir avec. Du côté du 10 Downing Street, on rétorque qu'aucun document présent dans la valise n'aurait présenté une menace pour la sécurité du pays en cas de vol, et ajoute que la valise a toujours été sous surveillance, sans préciser de quelle manière.

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