"Exceptionnalisme" américain? La Maison Blanche riposte à Poutine

"Il est très dangereux d'encourager les gens à se considérer comme exceptionnels", a déclaré M. Poutine.

"Exceptionnalisme" américain? La Maison Blanche riposte à Poutine
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La Maison Blanche a riposté jeudi à un argument du président Vladimir Poutine qui doutait du caractère "exceptionnel" des Etats-Unis, affirmant que "contrairement à la Russie", Washington défendait les droits de l'homme, en particulier en Syrie. Alors que des pourparlers russo-américains sur l'arsenal chimique syrien débutaient à Genève jeudi, le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, a aussi assuré que "la Russie est seule et isolée" en accusant l'opposition syrienne d'avoir eu recours à une attaque chimique le 21 août.

Jeudi, le New York Times a publié une tribune de M. Poutine dans laquelle le dirigeant russe affirme que ce sont les rebelles syriens, et non l'armée du régime de Bachar al-Assad, qui ont utilisé des armes chimiques le mois dernier près de Damas, dans le but de provoquer une intervention des Etats-Unis.

Le président russe conclut son texte par un coup de griffe à la fierté nationale américaine, en disant "ne pas être d'accord avec l'argument développé (par M. Obama) sur l'exceptionnalisme américain".

Mardi, lors de son discours à la nation sur la Syrie, M. Obama avait affirmé: "je pense que nous devrions agir. C'est ce qui rend les Etats-Unis différents. C'est ce qui nous rend exceptionnels".

"Il est très dangereux d'encourager les gens à se considérer comme exceptionnels", a déclaré M. Poutine.

Jeudi, M. Carney a expliqué que les Etats-Unis n'étaient "pas surpris par les mots du président Poutine. Mais le fait est que la Russie offre un contraste criant qui montre pourquoi les Etats-Unis sont exceptionnels".

"Contrairement à la Russie, les Etats-Unis défendent les valeurs démocratiques et les droits de l'homme dans notre pays et dans le monde, et nous pensons que notre sécurité (...) est améliorée lorsqu'un dictateur ne peut pas gazer des enfants à mort", a-t-il lancé.

M. Carney a aussi affirmé qu'"il y a une grande ironie dans le placement d'une telle tribune, parce que cela reflète la tradition réllement exceptionnelle de liberté d'expression dans ce pays".

"Ce n'est pas une tradition partagée en Russie, et c'est un fait que la liberté d'expression s'est érodée depuis une douzaine d'années en Russie", a ajouté le porte-parole, allusion à la période écoulée depuis l'arrivée de M. Poutine à la tête du pays.


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