Washington: l'ancien Marine Aaron Alexis auteur de la fusillade

Plusieurs personnes ont été tuées lundi matin dans un immeuble de bureaux de la Marine américaine à Washington dans une fusillade dont l'auteur a été abattu mais dans laquelle pourraient être impliquées deux autres tireurs. Les drapeaux seront en berne jusqu'à vendredi.

Rédaction en ligne et AFP
Washington: l'ancien Marine Aaron Alexis auteur de la fusillade
©AFP

Les autorités américaines qui enquêtent sur la fusillade dans les bureaux de la Marine américaine à Washington, qui a fait 13 morts et huit blessés, ont indiqué lundi qu'il n'y avait eu qu'un seul tireur. "Nous n'avons aucune preuve ni d'indication à ce jour, qu'il y ait eu un autre tireur, même si nous n'avons pas complètement exclu" cette hypothèse, a déclaré le maire de Washington, Vincent Gray.

"Nous sommes sûrs maintenant qu'il y avait une seule et unique personne responsable de la perte de vies dans l'immeuble", a déclaré la chef de la police de la capitale américaine, Cathy Lanier.

Le tireur, abattu par les forces de l'ordre, s'appelait Aaron Alexis, un Noir de 34 ans de Fort Worth (Texas) qui a servi dans la Marine de 2007 à 2011, avant de devenir informaticien pour un sous-traitant de Hewlett-Packard chargé de mettre à jour l'intranet de l'US Navy et des Marines.

Un acte "lâche"

"Nous nous retrouvons une nouvelle fois face à une fusillade de masse", a réagi Barack Obama, dénonçant un acte "lâche" visant cette fois des militaires et des civils employés par l'armée. "Ils connaissent le danger d'être déployés à l'étranger, mais aujourd'hui ils ont été confrontés à une violence inimaginable, qu'ils ne s'attendaient pas à rencontrer ici", a ajouté le président américain.

Les faits se sont déroulés à 08H20 (14H20 en Belgique) au siège du Commandement des systèmes navals de la Marine américaine (NAVSEA), dans le quartier en reconstruction de Navy Yard, dans le sud-est de la ville. Un homme s'est introduit dans l'immeuble 197 du complexe, où travaillent 3.000 personnes, et a ouvert le feu à plusieurs reprises, selon l'US Navy.

"J'ai entendu trois coups de feu à la suite 'Pa, pa, pa'. Trois secondes plus tard, encore 'pa, pa, pa'. Au total il y a dû avoir sept coups de feu. On s'est mis à courir", a raconté à l'AFP Patricia Ward, une employée qui prenait son petit déjeuner dans une cafétéria du premier étage. Pour entrer dans l'immeuble, il suffit juste de montrer son badge mais il n'y a pas de détecteur de métaux, selon elle.

Un autre témoin, Terry Durham, qui travaillait également dans l'immeuble 197, a raconté sur CNN avoir vu le tireur. "On a entendu des tirs, il est apparu dans le couloir, il nous a mis en joue et tiré au moins deux ou trois fois. On a couru vers la sortie et on a continué d'entendre des tirs à l'intérieur", a-t-elle indiqué. L'homme était "grand", "noir" et portait un fusil, selon elle. 

AP

"Au moins 12 personnes" ont été tuées, a annoncé le maire au cours d'une conférence de presse. "Nous avons quelques autres personnes blessées", a ajouté le chef de la police de la ville Cathy Lanier. Un policier a été touché dans un échange de feu avec le tireur qui a été abattu, selon elle.

Au Washington Medical Center, la médecin-chef Janis Orlowski a fait état de trois blessés graves transportés dans son hôpital: un policier et deux femmes. "Nous pensons qu'il y a d'autres" blessés, a-t-elle indiqué lors d'une conférence de presse.

La police était cependant toujours à la recherche d'un possible complice, un homme noir d'1,75 mètres âgé d'une cinquantaine d'années et "aux tempes grisonnantes". Il porterait des vêtements couleur vert olive, qui pourraient être de style militaire, selon la chef de la police.

Le quartier, en reconstruction et situé au bord de la rivière Anacosita, a été bouclé sur cinq pâtés de maisons alentours. Les écoles situées dans le périmètre s'étaient calfeutrées, interdisant à toute personne d'entrer ou de sortir, a constaté une journaliste de l'AFP.

Un ballet d'hélicoptères, de voitures de police et des services de secours parcourait la zone, tandis que des navires patrouillaient sur la rivière Anacostia, toute proche. Dans la matinée, un hélicoptère de la police a été vu à plusieurs reprises en train de descendre puis de remonter des policiers à l'aide d'une nacelle fixée au bout d'un cable.

S'il s'agit probablement d'un "incident isolé" selon le maire Vincent Gray, le Pentagone, siège de la défense américaine situé de l'autre côté du Potomac, a renforcé son dispositif de sécurité "par précaution", a indiqué son porte-parole George Little. Le secrétaire à la Défense Chuck Hagel a parlé d'un "jour tragique" pour l'armée et pour le pays. 

AP

Vols temporairement suspendus

Les vols au départ de l'aéroport Ronald-Reagan, situé à quelques kilomètres de là ont quant à eux été suspendus pendant une heure et demie dans la matinée. Le Sénat américain a de son côté annulé sa session lundi après-midi et ne reprendra ses travaux que mardi.

En 2009, un psychiatre de l'armée américaine, le major Nidal Hasan, avait ouvert le feu sur des militaires sur la base de Fort Hood (Texas), tuant 13 personnes. Considéré comme un "loup solitaire" inspiré par Al-Qaïda, il a été condamné fin août à la peine de mort.

Le Sénat américain bouclé 

La partie du Capitole qui abrite le Sénat américain à Washington a été bouclée par les autorités par précaution après la fusillade qui a fait 12 morts lundi matin à quelque deux kilomètre du complexe. " En raison de l'incertitude entourant la fusillade au Navy Yard (bâtiment de la Marine) ce matin et particulièrement en raison de la possibilité que des suspects restent en fuite, nous avons décidé de fermer le complexe du Sénat ", a annoncé vers 19H00 GMT dans un message interne Terrance Gainer, responsable de la sécurité du Sénat.

Aucune personne ne pouvait entrer dans cette partie du bâtiment ni en sortir pendant deux heures, a-t-il précisé, en ajoutant qu'il ne s'agissait que d'un "excès de précaution". Le Capitole abrite dans son aile nord le Sénat, et dans son aile sud la Chambre des représentants.

La Chambre n'avait pas décrété de mesures de sécurité particulière, et les touristes continuaient lundi de visiter le monument, ont constaté des journalistes de l'AFP. Par ailleurs, le match de baseball des Washington Nationals, qui devaient affronter les Atlanta Braves lundi soir dans leur stade situé à proximité du lieu de la fusillade, a été reporté à mardi, ont annoncé les Nationals dans un communiqué.

Les drapeaux en berne jusqu'à vendredi 

Le président Barack Obama a donné l'ordre de mettre les drapeaux américains en berne jusqu'à vendredi soir en signe de respect pour les victimes de la fusillade de Washington, a annoncé lundi la Maison Blanche.

" En témoignage de respect pour les victimes des actes de violence insensés perpétrés (lundi) à Washington (...) j'ordonne que le drapeau américain soit mis en berne sur la Maison Blanche et sur tous les bâtiments et terrains publics ", a précisé M. Obama dans un décret diffusé au soir de cette fusillade qui a fait 12 morts outre le tireur présumé.


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